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mardi 30 avril 2013

// DEAD - Interview (2013)

 

On sait globalement peu de chose sur DEAD, projet "rescapé" du néant. Juste que la qualité du 1er EP "Transmissions" nous a littéralement sautée au visage, nous donnant l'envie inhérente d'en savoir plus. Officiant dans une musique industrielle chamanique, le trio puise aussi bien du côté des A Place To Bury Stangers que de The Soft Moon, groupe avec lequel ils ont partagés très récemment l'affiche. Après un court échange de mail; Brice et Berne Evol respectivement guitariste et chanteur du groupe, ont gentiment répondus à nos interrogations.

VIOL AUDITIF: Pouvez vous nous expliquer qu'est-ce que DEAD? Le concept, les horizons musicaux de chaque membre... Est-ce un side project, ou êtes vous uniquement impliqué dans DEAD ?

Brice (guitare): C’est assez compliqué. Le projet date de plus de deux ans, comme l’EP d’ailleurs. On l’avait oublié puis on a tout balancé sur Facebook en Novembre dernier. DEAD renaît, on va dire. DEAD c’est donc un projet Noise/Industriel où on mélange un peu tous nos influences étant donné qu’on a des âges complètement différents, ce qui donne un résultat assez hybride, j’aime bien. D’ailleurs, on nous dit souvent que notre son se rapproche assez de Nine Inch Nail ce qui est plutôt drôle car je t’avoue qu’on n’a jamais écouté ce genre de musique, et je t’avoue que je n’assume pas trop ce côté là. C’est sans doute le côté indus de notre son. Pour ma part, je suis plutôt fan de shoegaze, post punk et noise et pour tout te dire j’adore les A Place To Bury Strangers. On peut dire que DEAD est un side project mais pas que. Bernard (Machine) joue aussi dans Maria False & Darcy et j’ai aussi un autre groupe avec le chanteur des Maria False: future.

Berne Evol (chant) : Personnellement je n’ai pas d’autres projets musicaux à côté, ce qui fait que pour moi DEAD n’est pas un side project, mais je comprends ce que Brice veut dire…. DEAD n’a failli pas voir le jour, c’est un projet rescapé en somme ! D’ailleurs side project ou pas il faudra dorénavant compter sur nous car nous ne sommes pas prêts d’arrêter et nous avons une faim de live qui n’égale que son contentement ! En ce qui concerne les influences, il y’en a effectivement beaucoup (nous écoutons tous beaucoup de musique) mais DEAD a un son bien à lui et il serait compliqué de dire que çà ressemble à ci ou ca….En ce qui me concerne j’arrive des 90’s, j’ai été bercé par Sonic Youth, PJ Harvey, Dinosaur jr, Pavement ….

Vous avez sorti en novembre votre 1er EP "Transmissions", peut on voir là un clin d'oeil à Joy Division? Plus loin, quels sont les "entités" qui vous inspire (Groupes musicaux, livres, film...)?

Brice : Pas du tout. On aimait juste la sonorité de ce mot. Et puis, l’EP en soit transmet quelque chose de nouveau en terme de son et d’esthétisme. Après on aime ou on aime pas.

Berne Evol : Dans les références littéraires il y’a William Burroughs qui pour ma part à pas mal marqué mon univers artistique…. Il y’a des bouquins comme « The Naked Lunch » ou « Junkie » desquels on se remet pas. Niveau cinéma j’aime beaucoup Lynch mais c’est quelque chose qu’on a pas le droit de dire aujourd’hui….Ca fait trop surfait ! (rires)

J'ai vu que vous aviez partager l'affiche avec l'excellent groupe THE SOFT MOON. On peut voir des similitudes avec DEAD: le caractère hypnotique de votre boite à rythme et des machines, donnent un aspect assez tribal à votre musique . Est-ce une façon d'amener l'auditeur vers une forme de trans?

Brice : Ce concert en première partie des Soft Moon était plus qu’inattendu. Quand on a commencé à jouer avec Berne, on a tout de suite accroché avec leur premier album sorti en 2010. Donc autant te dire que pour un premier concert c’était vraiment bien. C’est vrai que DEAD est assez hypnotique, voir limite dansant...

Berne Evol :
Effectivement nous sommes très contents d’avoir été remarqué pour cette première partie !

Comment se passe le processus de composition? La musique électronique vous permet t-elle de composer à distance? Ou êtes-vous au contraire restés sur un mode très traditionnel: c'est à dire  les trois séquestrés dans une salle de répète?

Brice : En ce qui concerne le processus de composition, chacun amène sa touche perso. Vu qu’on est séparé géographiquement on compose tout à distance, mais c’était aussi le cas donc ça ne change pas grand chose. Généralement, je compose quelques idées que j’envoie à Berne et Bernard. De son côté Berne bosse ses paroles et Bernard, revisite le son en y ajoutant des machines, en re-bossant le son et en restructurant un peu.

Vous avez élaboré un clip vidéo pour la chanson No Place For Us. La symbolique du rouge m'a particulièrement interpellé, que représente t-elle exactement? Son utilisation me fait penser à celle de Frank Miller dans Sin City...

Berne Evol : Le clip « No place for us» parle de domination Alpha Omega, de sexe, de frustration, d’amours gâchés, de convoitises, de tromperies , d’attentes et de deception…. Bref tout un blah blah qui tourne autour de l'insatisfaction en somme. Le rouge étant la couleur de la passion, de la violence et de l’amour, il était essentiel de l’incruster dans l’univers sombre de ce clip...

Dernière question, quels sont vos projet pour le futur? Album ? Tournée?

Brice : Prochainement on va jouer aux "Bars in Rennes" le 30 Mai prochain au Bar Hic’ avec Maria False. On a aussi une date de prévue en Juin à Glasgow pour le Glasgow Psych Fest et en Juillet on part jouer dans un festival à Vilnius en Lituanie. Donc pas mal de voyages mais c’est cool on aime ça. On bosse aussi sur le deuxième EP qui devrait sortir à la rentrée Septembre ou un peu après.

Merci à vous d'avoir pris le temps de répondre à nos questions, on vous souhaite une bonne continuation pour la suite...

Pour découvrir le groupe, le 1er EP "Transmissions" est en écoute intégrale sur leur bandcamp: http://dead-band.bandcamp.com/. Vous pouvez également contacter le groupe pour télécharger gratuitement l'EP à l'adresse deadband.press@gmail.com. Enjoy !



GG Allin

lundi 4 mars 2013

// GENERIC - Open City


 Sorti en 2006 sur Kicking

"...Je mets les pieds où je veux Little John, et c'est souvent dans la gueule..."

Combo bisontin basse-batterie passé auparavant sous les drapeaux de Second Rate, Generic y fait similitude avec ce noise-punk écorché vif où la basse et le chant (ponctuel) grognent de façon tenace (Pink Lady ; Les Folles Avec Les Fous ; Little Yellow Jacket...). Les interludes sinistres, l'attribution partielle de samples et le minimalisme électro n'entravent en rien l’homogénéité de cet opus rudement ficelé.


mardi 19 février 2013

// GIRLS AGAINST BOYS - Freak On Ica

  
Sorti le 2 juin 1998 sur Geffen

Ce disque a été fuit comme la peste par les médias, les fans, Geffen et le groupe lui-même. Un peu trop cheap pour les uns, trop électro pour d'autres, l'aspect sur-travaillé et très plissé du son semble être surtout à l'origine du dégoût général. Ma foi, que chacun s'en tienne, il est vrai que Girls Against Boys n'est ici pas à son meilleur, la noise des débuts s'est égarée, mais le disco-rock-groovy psyché et distorsioné de Freak On Ica contient du potentiel. Dès l'assaut donné sur Park Avenue, les riffs post-punk balancent et serpentent sur l'efficace paire de basses ronronnantes, il en de même pour Speedway ou Vogue Thing qui prennent fiévreusement à la gorge. La voix crooner de Scott McCloud sait toujours se faire aussi envoûtante et la rythmique syncopée bastonne à tout-va. Mais ce que les New-Yorkais n'avaient jamais tenté auparavant, c'est ce penchant new-wave où les synthés et les scratches interviennent là où ça fait du bien (mal pour d'autres): Pleasurized ; Black Hole ; Push The Fader... Les risques et périls d'une nouvelle exploration sonique.


samedi 2 février 2013

// HELMET - Aftertaste

  
Sorti le 18 mars 1997 sur Interscope

Dernier album du groupe avant de jeter l'éponge en 1999, Aftertaste est considéré comme le plus commercial de la discographie d'Helmet et se retrouve sous le feu des critiques par certains "Die-hard fans". Ok c'est le plus mélodique mais en quoi Page Hamilton et ses sbires perdent-ils la puissance d'attaque bien compacte qui a toujours définit leur son ? D'autant plus que c'est quand même foutrement bien inspiré (Pure ; Crisis King ; Exactly What You Wanted...) et cette mélodicité nouvellement acquise se révèle un atout non-négligeable (Driving Nowhere ; Broadcast Emotion ; Like I Care...). Alors pourquoi ne pas céder à la facilité harmonique quand elle peut rendre service ?


vendredi 25 janvier 2013

// TODAY IS THE DAY - Temple Of The Morning Star

  
Sorti le 23 septembre 1997 sur Relapse

Bel album de folk psyché-mélodique...sur 3 morceaux. Pour le reste, noise-core baveuse à souhait ! Ensanglanté de paroles aux thèmes légers (violence, suicide, haine de soi, mari qui bat sa femme...), de riffs cradingues et de rythmiques cassées. Quelques groupes tout aussi chaleureux viennent à l'esprit au fur et à mesure de l'écoute (Black Flag, Converge, The Locust, Electric Wizard sur Hermaphrodite...) . Ce n'est pas le meilleur de Today Is The Day, mais quelle est bonne cette influence délétère qui s'abat sur le monde, ce son qui vous tire vers de sombres abysses et s'attaque à votre santé mentale. La terreur est menée et les portes de l'enfer sont ouvertes, crevez bande d'ignorants !

...et bonne reprise de Sabbath en piste cachée.


dimanche 20 janvier 2013

// Split SOFY MAJOR / MEMBRANE


Sorti en novembre 2011 sur Basement Apes, Impure Muzik, Prototype Records, Bigoût Records et Ocinatas

Du lourd, du furieux, du consistant... Allez hop, on ressort le beau vinyle blanc/transparent sur la platine ! En premier lieu 4 titres des Clermontois de Sofy Major: Rythmique industrielle en apnée puis explosion de violence, riff metal-stoner aliéné à un chant tantôt rageur (façon Dave Verellen de Botch/Narrows), tantôt clair (façon John Baizley de Baroness), sur fond d'urgence hardcore qui te bastonne ses coups d'une joue à l'autre en s'autorisant quelques ralentissements, histoire de t'empoigner les couilles avec autant de colère. On se situe ici dans une bonne continuité du Permission To Engage paru en 2010.

Constat identique pour les 3 titres suivants de Membrane: L'assaut des Vésuliens est aussi massif que sur Disaster, également sorti en 2010. Le ciel se couvre sous les grondements malsains de leur noise impétueuse et une fracture plus post-core émerge au sein du disque. Pas de baisse de régime ici, les aficionados ne peuvent être déboussolés. Regains de lourdeur et de tensions dans la progression des morceaux, chants nerveux qui se partagent entre bassiste et guitariste, on attribue une mention spéciale au 8min épiques de Small Fires avec ses montées qui écrasent tout. 

Un split d'une rugosité virale.



mardi 8 janvier 2013

// PNEU - Highway To Health


 Sorti le 29 mars 2011 sur Head

Folie pure pour un chaos éburné, Pneu est une sorte de bâtard conçu entre noise et math/rock où ce Highway To Health constitue (à l'image de son titre) un résultat consternant. Consternant pour son insolence bruitiste (dissonances à la perceuse, guitare auto-samplée l'une sur l'autre), son audace rythmique (tempo aux breaks incessants), sa prétention à faire remuer ton p'tit cul dans ses échappées pleines d'exotisme (le bien nommé Tropicon ; Wagy's Cup), le tout avec l'urgence d'un sprinteur jamaïquain qui a le feu au fesses. C'est osé, c'est génial, et putain quel son !...Merci Kurt Ballou.

Pneu, où la fierté de se sentir cinglé...et libre.     [La Floche]


jeudi 3 janvier 2013

// BOREDOMS - Super Roots 3: Karaoke In The Cosmos


Sorti le 30 novembre 1994 sur Warner Music Japan


Le Karaoke du Cosmos 

Avec Eye, ATR, Yamamotor, Hilah, Yoshimmy et Yoshikawar


C'est culotté, stupide et génial. Tout est en branle. Lemmy pipe Thurston en 33 minutes. D'où un coït punk inter-minables des plus sauvages...vu de l'intérieur. Cris au début ; jouis à la fin.. Silence...Et on relance !

La Floche

dimanche 28 octobre 2012

// Seven of Nine "Dead Tour 2012"



Halloween approche et comme chaque année les gosses viennent sonner à votre porte pour vous casser les burnes. Affublés d'un masque de Barbara Streisand, ces inconscients essayent de gratter tout vos euros.

Si cette année vous avez décidé de dire non , les Seven of Nine de Besançon amorcent un DEAD TOUR 2012 en compagnie de joyeux drilles (Vegg, Kayan, Therebentine). On vous invite sérieusement à passer les voir:

1 Nov -La Cantine De Belleville (Paris)

2 Nov -L’Ocrerie#1 (Auxerre)

3 Nov -L’Art-Ti-Cho (Grenoble)

De notre part, apportez leur un joli chrysanthème. 

Leur myspace

GG allin

lundi 20 juin 2011

// JACK AND THE BEARDED FISHERMEN - Places To Hide

Sorti en 2011 chez Cryptophyte Records 

Parfois être franc-comtois a du bon. Peut être pas tout le temps, mais les villes comme Besançon sont vraiment des manufactures à bon groupe (on peut désormais l'affirmer sans crainte en comparaison avec certaines contrées). Ainsi, les Jack And The Bearded Fishermen s'étaient déjà fait remarqué via un premier skeud bien efficace ; malgré l'aspect un peu DIY, le groupe laissait dévoiler un potentiel certain.
Avec "Places To Hide", les jacks délaissent un peu leur stoner burné (qui devenait peu à peu prévisible) pour enrichir leur musique de passages plus punk et psychédélique. Les chants aériens d'une grande qualité permettent ainsi de s'ouvrir vers d'autre horizon et de marquer une évolution notable.
Mais la surprise de ce CD est certainement le son. La prod du très bon Serge Morattel (remarqué pour son boulot avec Knut) permet effectivement d'élever encore d'un cran ce groupe aux compositions qu'on savait très bonnes.
Bref, plus loin que la Franche Comté, les Jack And Bearded Fishermen s'affirment désormais comme l'un des bons groupes français, à mettre aux côtés des Revok, Sofy Major ... et c'est tout le mal qu'on souhaitait.

vendredi 11 mars 2011

// HELLBATS - Raise My Left Hand Black

Nouvelle song accompagnée d'un clip pour les excellents Hellbats !

Au programme, deux nanas séquestrées dans une cave et un type qui porte une biche sur le dos (???): amoureux du bucolisme bonjour !


 
On en profite pour faire un peu de propagande pour leur tournée 2011 au Canada (Continent américain que Hellbats retrouve après une excursion aux states entrepris il y'a quelques années déjà) ...


Ça promet d'envoyer du gros chez les caribous! ;)

mercredi 23 février 2011

// AKIMBO - Jersey Shores


Sorti en 2008 sur Neurot

Un Jersey Shores d’une force de…requin ! Pourquoi ne pas dire ça au vu de cet album, puisque les trois Akimbo l’ont axé sur un seul et même morceau (découpé en six plages) dont le concept se réfère à une série d’attaques meurtrières de requins sur les côtes du New Jersey, en juillet 1916. Leur musique s’apparente d’ailleurs bien au comportement du prédateur marin ; Notes de basse à répétition et arpèges de guitares claires mêlés à la sérénité du mouvement des eaux, la tension monte de manière épique avant le tumulte des riffs noise-rock qui se referme sur vous comme des mâchoires acérées de squales. Dès lors c’est ce somptueux contraste qui se met en place, entre poussées héroïques, chant hardcore, tempos menaçants, accélérations heavy, et ralentissements mélodiques sous effets bluesy. Le son y est magnifié par sa prise spontanée, fidèle aux performances live surpuissantes de ces chevelus originaires de Seattle. Sur ce, pas de doutes ; Akimbo est digne de la grande scène rock qui y régna durant 1985-1995.


lundi 14 février 2011

// SOFY MAJOR - Interview (11/02/2011)



On vous avait annoncé la petite tournée des Sofy Major pour ce début d’année, en pleine promotion de leur nouveau disque « Permission To Engage » et la bonne idée nous a pris d’aller leur poser quelques questions vendredi dernier avant leur show au bar live du Marais (près de Vesoul). Une date partagée avec une bande de terroristes sonores que l’on connait bien ici : Membrane, compagnons de route des Sofy Major depuis (presque) le début de ce French-Spanish Tour 2011… Le concert sera à la hauteur de nos espérances, malgré une salle désespérément vide (t'as voulu voir Vesoul).
Autant vous avouer qu’en dehors d’une foi commune pour le noise-core saigné à blanc, les deux groupes partagent également l’art de profiter comme il se doit des après-concerts…Mais ça, c’est une autre histoire dont il faut essayer de ressortir indemne…

Voilà donc l’aperçu d’une bonne rencontre avec ces trois Clermontois bien sympathiques:

 Sofy Major au Marais le 11/02/2011*

Viol Auditif:  Salut à vous, dans un premier temps on voudrait vous posez la fameuse question bidon mais nécessaire pour tout ceux qui ne vous connaissent pas: pouvez-vous nous expliquez un peu ce qu'est Sofy Major et où vous vous êtes rencontrez ?
Mathieu M. (Basse/Chant): Ben écoute, Sofy Major c'est deux Mathieu et un Sébastien ; on s’est rencontrés dans notre ville à l'excellent Raymond Bar de Clermont-Ferrand.  Depuis, on a tout centralisé au Raymond, on répète même là-bas.Ça fait 5 ans que le groupe tourne, et on a changé pas mal de line up depuis les début; Mathieu est arrivé seulement y’a un an . C’était d'ailleurs à un concert de Membrane; donc tu vois! Mais ouais; on a commencé à 5 et on termine à... 3.
 
VA : Oui ce soir vous êtes en trio, mais il me semble que sur CD vous êtes 4 ? C'est en tout cas ce que j'ai lu...
Mathieu M: Oui c'est bien ça; sur CD on a une 4ème personne (St4lk) qui s'est occupée de tous les arrangements et effets numériques.

VA: C'est vrai qu'on connaît pas trop la scène de Clermont-Ferrand...
Mathieu M: Le Raymond Bar, c'est vraiment grâce à ce lieu que la ville a une vie ... il existe des locaux de répétitions; mais ça reste assez isolé et parfois assez éphémère: ça dure souvent pas plus de 3 ans.

VA:  Sur "Eugène", la dernière chanson de l'album on peut entendre une voix additionnelle assez surprenante! Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Mathieu M: C'est la chanteuse Guillemette Serve ; elle joue dans un duo; Dub step . Elle tourne aussi autour du Raymond , tu vois on va pas les chercher très loin ! (rire) Elle bosse super bien donc ça c’est fait assez facilement en fin de compte.

VA: On peut entendre de nombreuses influences sur Permission To Engage. Quelles sont vos influences ?
Le groupe : (dubitatif)
VA: Les Melvins par exemple c'est le genre de groupe qui vous botte ?
Mathieu M: Les Melvins j’aime beaucoup ouais ; c’est vraiment un groupe à part... On a également beaucoup écouté de post-hardcore ; mais on aime pas trop les étiquettes.... On apprécie particulièrement le punk-rock de la scène DISCHORD dans les années 80...
VA: Fugazi ?
Mathieu D. (Batterie): Complètement !

VA: Ouais; on avait mis une vidéo sur notre blog d'un live face à la maison blanche.
Mathieu D: Oui ce live est dément d'ailleurs. J'adore vraiment l'esprit du groupe.


VA: Pour la tournée comment cela s'est passée ? J'ai vu que vous aviez démarrer par des dates en Espagne ? C'est bien de sortir du pays un peu ?
Mathieu M: Ouh là. On sort de France depuis 2007, en fait je dirais que 75% de nos concerts on été fait à l’étranger ! Ça fait longtemps qu’on s’était pas fait des concerts en France et ça s'est vraiment bien passé avec Membrane. C'était bien cool!

VA: Ouais comment ça se fait d'ailleurs ? On me dit souvent que c'est assez galère de pouvoir jouer en France. Enfin c'est ce qu'il se dit.
Mathieu M: C'est vrai que ça reste un peu galère de jouer en France… A "Clermont" on essaye toujours de programmer ce qu’on aime bien ; mais c’est pas forcément facile. En Allemagne, on le sait pour y avoir jouer, t’as des squats super, des structures... En France c'est plus compliqué. Du coup on a pas mal bougé en dehors du pays.

VA: Pouvez vous nous toucher un mot sur le magnifique artwork de Permission To Engage ?
Mathieu M: C'est le boulot de Gérald Jay et Nicolas Deschamps. C’est la première fois que l'on sollicitait un mec du coin (Gérald Jay) j’avais vu son boulot pour un groupe de Clermont et j'avais bien accroché. On leur a donc laissé carte blanche ; on avait encore jamais bossé de cette manière.  Cette idée de la double image, je sais pas comment j’ai fais pour en convaincre les autres...
Mathieu D: En fait, on avait eu au départ un aperçu en petit format, donc c'était dur d'y voir les subtilités. Mais quand on a obtenu l'artwork grand format, on a vraiment tous été convaincu !  Enfin je sais pas si tu as pu voir également le gros boulot qui a été fait à l'intérieur du vinyle et du CD...

VA: Oui et c'est vraiment un bel objet, d'ailleurs avez-vous eu des retours ? Sur les ventes et tout ça...
Mathieu M: Ben écoute honnêtement depuis le début de la tournée pas trop! Apparemment c'est pas mal et on a reçu de bonnes critiques.

VA: Un pote nous a dit que c'était parti super vite à Music Fear Satan (Disquaire à Paris)...
Mathieu M: Ah je ne suis pas encore trop au courant. Mais concernant Music Fear Satan je suis content... Nicolas (le boss), c’est un pote à nous; j'suis content que ça marche bien pour lui, il a commencé en vendant en ligne sur internet et maintenant il a une boutique sur Paris qui tourne bien.


VA: Un mot sur vos premiers splits ?
Mathieu M: On a fait notre premier split avec Her Breath On Glass, des Américains. C'était plutôt cool et du coup ce split a permis de nous faire connaître aux USA... On en a fait également un autre avec le duo One Second Riot, de Lyon.

VA: Du coup l'idée d'une tournée aux States se profile ?
Mathieu M: Moi j’aimerais bien jouer aux States ; mais peut être la saison prochaine on y réfléchira. Ce qui est compliqué aux USA c’est de trouver un groupe de là-bas pour jouer avec nous et tourner. Un peu comme l'Angleterre, on y a déjà tourné mais c’est assez compliqué quand un groupe français y va : t’es mal payé ; t'as pas souvent de bouffe, les gens sont frileux parce que t'es un groupe français… quand on joue là-bas faut  plutôt partir du principe qu'on ne va pas gagner de l'argent mais plutôt en perdre…. Après heureusement que y'a le merchandising ! L’Angleterre c’est un peu la loose pour ça.  Y’a beaucoup de personnes adorables mais c'est dur d’échapper au concert de la loose… Par contre on a vraiment aimé la tournée qu'on a faite en Scandinavie.
VA: La Scandinavie ?
Mathieu M: Ouais on a été à Oslo et c’était monstrueux . On a pu tourné grâce à un pote à nous de chez Hombre Malo, un français qui a émigré en Norvège, tu pourras écouter ça, ils ont fait un split avec les Jack and Bearded The Fishermen (Stoner de Besak)... C’était mortel… On en a profiter pour faire un concert en Suède. La scandinavie c’est vraiment sympa!

VA: Et donc, vos projets pour les prochaines années ?
Mathieu D: Boire des bières (rire)… et à priori on en a pas discuté mais on s’est bien entendu avec les membrane pourquoi pas faire un truc avec eux ??? C'est une possibilité... maintenant le truc c’est d'avoir du matos pour sortir le disque.  Donc oui;  on voit pour des dates et pourquoi pas un split... plutôt pour 2012.

VA: Comment ça c'est passé avec les label pour Permission To Engage ?
Mathieu M: Ce sont des potes pour la plupart , ça marche aussi comme ça, en fait on en a 5 en tout…  ça fait circuler les disques avec la distro…

VA: Si vous deviez décrire l’album? Je sais pas pourquoi j'aime bien poser cette question ?
Mathieu M: une bonne harissa…
Mathieu D: Typicité, ruralité, typicalité. Oui c’est typiquement rural. (?!?)

VA: (rires) En tout cas à l'écoute de l'album, on a vraiment été bluffé par le gros son. C'est l'un des atouts de Permission To Engage d'après moi...
Mathieu D: Le gros son c’était plutôt la grande surprise! On a fait d'abord les prises sons "brut" avec un mec de Clermont et  il a tout envoyé pour le mix à Andrew Schneider (qui a bossé avec Made Out Of Babies, entre autres). Quand on a écouté le résultat on était super content ; il avait tout compris et déjà son idée du truc. C'est juste magique !


VA: Pouvez vous nous parler du clip de "Outil" ?
Mathieu M: C'est un clip autoprod réalisé par Alexis Magand (http://www.alexismagand.com/) qui avait déjà fait des clips avant notamment pour Gâtechien… On lui a laissé "carte blanche" pour la réalisation… On a pris une journée pour faire ça et on est content du résultat. Pour résumer on voulait un truc simple et de qualité.

VA: Et un petit mot sur les Membrane ??
Mathieu M: C’est nul, c’est naze… mais ils sont beaux ... 
Nico de Membrane (qui se pointe) : un peu vieux !
Mathieu M: Nan je dirais plutôt "homme mature" ; on se sent en sécurité avec toi…

VA: Ben écoutez, merci beaucoup pour l'interview ! Un petit mot pour Viol Auditif ?
Mathieu D: Merci bien et super équipe !
VA: Quelques plans à venir ?
Mathieu D: On a booké un concert le dimanche 13 mars à l'Epicerie Moderne de Lyon avec les Electric Wizard…
VA: Electric Wizard ? ça va déboiter sévère !
Mathieu D: C'est gràce à Zozal de Carne qui fait beaucoup pour Lyon ; il nous a bien boosté. On est en train de voir pour d'autres dates; mais on en dira bientôt plus quand tout sera "fixé".

Voilà qui devrait vous faire patienter avant la chronique de leur album.Merci vraiment aux Sofy Major de nous avoir accorder un peu de leur temps !

*Merci également à Alf pour les photos...

Viol Auditif

mardi 1 février 2011

// THE JESUS LIZARD - Blue


Sorti en 1998 chez Capitol

Je sais plus où j'avais lu que l'album "Blue" des Jesus Lizard sorti en 1998 était un album en demi teinte. Reste qu'au fil du temps je m'étais mis ça bien dans la tête, tel une mauvaise idée qui veut jamais se déloger..Vous savez, le même genre de théorie qui voudrait que le coiffeur de David Pujadas soit quelqu'un de bien. 
Il se trouve qu'un beau jour pluvieux (donc merdique), une illumination m'a fait me pencher enfin sur ce CD; véritable pièce manquante de mon iceberg discographique.
L'âme presque innocente je me rends alors compte que j'avais été dans l'expectative durant des lustres. Dur! 12 titres d'une rare intensité qui vous titille le trou du cul et qui vous fait admettre votre erreur: ça fait mal au début, mais au final c'est toujours bon de se prendre un touché rectal.
La recette Jesus Lizard est pourtant la même: 3 musiciens surdoués et un mec fin rond (pour ceci je vous invite à lire la chronique du Liar) . A ceci près que le son est bien plus léché et contenu cette fois ci; comparé aux excellents premiers méfaits (Goat; Shot; Liar...Etc) .
On pourra donc croire dans un premier temps à une perte de rage... inutile de se tourner vers le "seigneur" ou de faire le signe de croix. C'est un horrible malentendu puisque comme d'habitude, l'histrion David Yow  se charge de foutre le bordel punk avec une voix bien alcoolisée.
Les autres cinglés du groupe pondent quand à eux avec stupéfaction de vrais "tubes" (Horse Doctor Man, A tale of Two Womans) mais également des chansons plus noise dans la pure veine de Jesus Lizard (Eucalyptus) .  Ils prouvent ainsi qu'ils ne perdent jamais une occasion pour la mettre bien profond à certains jeunes grungys. Le bassiste David Wm. Sims est d'ailleurs certainement l'un des plus ingénieux et talentueux du genre (ceci devait être dit)...
Bref, l'album Blue semble être une porte toute trouvée pour découvrir la riche carrière de ce groupe en marge. Dommage que celle ci s'arrêtera un an plus tard en 99...mais ne perdons pas la foi: le groupe s'est reformé récemment (amen) et s'illustre en parallèle dans d'excellent sideproject eux même amenés à devenir culte (Tomahawk,  David Yow + les suisses de Ventura par exemple).
Des mauvaises idées je vous disais...

Monsieur J

mercredi 26 janvier 2011

// SOFY MAJOR en tournée... !

.

Au bonheur des sofy.

Les excellents Sofy Major entame une tournée Franco-Espagnol (notamment en compagnie des Membrane et de Carne) pour promouvoir leur dernier méfait  "Permission to Engage".
L'album, avec ses nombreuses influences reste en effet un sacré pavé jeté dans une mare de crasse... et en plus ce sont des frenchys (un peu de chauvinisme mal placé de temps en temps, ça fait du bien!).

 Les dates:

27.01.2011 : @ Wurlitzer, Screams On Festival - Madrid (es)
28.01.2011 : w/ Elfo Negro @ El Refugio del Crapula - Zaragoza (es)
29.01.2011 : w/ Shitbox + The Band Appart @ Mogambo - Bilbao (es)
04.02.2011 : w/ Membrane @ Le Coq - Montceau (fr)
05.02.2011 : w/ Membrane + Chere Catastrophe + Gasmask Terror @ Foyer des Jeunes - Montaigu (fr)
06.02.2011 : w/ Membrane @ Mondo Bizarro - Rennes (fr)
07.02.2011 : w/ Membrane @ Paris - Café de Paris (fr)
08.02.2011 : w/ Membrane @ Tours - Black Hawk (fr)
09.02.2011 : w/ Membrane @ Mende - La Biogue (fr)
10.02.2011 : w/ Membrane @ Besançon - Passagers du Zinc (fr)
11.02.2011 : w/ Membrane @ Vesoul - Le Marais (fr)
12.02.2011 : w/ Carne + Membrane @ Montbéliard - Pinky Bar (fr)
13.02.2011 : w/ Carne @ Strasbourg - Molodoï (fr)
15.02.2011 : w/ Carne @ Bordeaux - Athénée Libertaire (fr)
16.02.2011 : w/ Carne @ Caen - UBU (fr)
17.02.2011 : w/ Carne @ Orléans - 5th Avenue (fr)
18.02.2011 : w/ Carne @ Metz - EuroCafé (fr)
19.02.2011 : w/ Carne @ Nevers - CheGG (fr)

En attendant:

("Outil" extraite du dernier album justement)

Monsieur J

mardi 21 septembre 2010

// UNSANE - Lambhouse: The Collection 1991-1998


 Sorti le 21 octobre 2003 sur Relapse

J’aime sentir cette crasse new-yorkaise, celle qui fait puer le clochard dormant sous les « banks » du pont de Brooklyn, celle qui suinte des mains d’oncle Jim dans son garage du Queens, mais surtout celle qui émane du hardcore d’Unsane.

Avec ses 24 morceaux, Lambhouse est parfait pour connaitre l’essentiel du groupe entre l’éponyme de 91 et Occupational Hazard en 98 : Commited ; Scrape ; Alleged ; Blew ; Body Bomb ; Vandal-X…
Un récapitulatif bien saignant d’une carrière que l’on croyait achevé à ce moment là, accompagné en plus par un bon DVD pour ceux qui ont vraiment les crocs. On y trouve quatre vidéos spécialisées dans les prouesses de l’être humain (vautres en skate, attentat kamikaze…) plus des lives du trio à New York, Cincinnati,…

Un bon coup de pouce pour ceux qui veulent découvrir Unsane, procurez-vous également Visqueen et vos bases seront acquises.

mardi 13 avril 2010

// MEMBRANE - Live Report au Privilège, Vesoul (10/04/10)

C’est dur d’être jeune à Vesoul, ce trou paumé de 20 000 âmes ne propose pas grand-chose d’excitant au niveau des concerts et il n’y a pas beaucoup d’endroits appropriés pour que des groupes puissent répéter. L’ambiance nocturne principale tourne autour de deux boîtes de nuit infâmes fréquentés par une population consanguine que j’exécuterai dans le berceau si la lecture de l’avenir me serait possible.
Dans ce contexte où je me fais bien chier à passer des soirées dans la ville-préfecture haut-saônoise, un concert de Membrane devient salutaire, d’autant plus que des mecs du coin qui viennent bavé du bon hardcore/noise dans une petite taverne à deux pas de chez moi est assez rare.
Le trio est ici pour défendre la sortie de son tout dernier bébé Disaster et c’est très humble de leur part de se coincer au fond d’un petit bar de Vesoul pour procéder à cette release party, car Membrane foule les planches depuis maintenant une dizaine d’année, et ils leur est déjà arrivé de jouer aux eurockéennes ou d’ouvrir pour les mythiques Unsane à Blois ! Malgré cela, le groupe n’oublie pas d’où il vient et, fidèle à leurs habitudes, le show fût bien rentre-dedans: un son urgent et lourd avec cette grosse patate bien énergique nuancée de passages mélancoliques façon Neurosis. Leur noise-core emblématique s'aère un peu plus qu'auparavant même si les assauts pachydermiques continuent de nous prendre aux tripes comme on l'attend. Grondement profond de basse, riffs de guitare plombés, force puissante et précise sur les fûts,...La cave voûtée du bar tiendra bon à ces tremblements.
Pour l’occasion, du marchandising était également déployé: albums, vêtements…
Un des nouveaux titres joués ce soir-là, Ocean, est disponible en clip vidéo depuis peu:


De quoi se chauffer pour cette fameuse date à la Poudrière de Belfort le 19 avril prochain où la formation ouvrira pour Kong et Kylesa (Impetus Festival), affaire à suivre…


La Floche

samedi 23 janvier 2010

// BINAIRE - Live Report aux Passagers Du Zinc, Besançon (21/01/10)

Voilà un nom de groupe totalement adapté que l‘on ne peut réfuter: Binaire, soit 2 types venus tout droit de Marseille, pour envoyer du pur punk industriel minimaliste avec leurs guitares, pédales d’effets, samples, machines et boites à rythmes.
Etant l'unique artiste de la soirée sous la voute souterraine du Passager Du Zinc, le duo nous fait revisiter ses 2 anciens disques Filth Abhors Filth et Bête noire, ainsi que sa dernière sortie Idole. Et pour l’occasion, on peut vraiment dire que Binaire est loin de se foutre de notre tronche car pour 8€: show + vinyle + CD ! Voilà un groupe aux aspirations sincères.
Et la formation se permet en plus d’envoyer la purée ce soir là, à grands renforts d’accords noisy sur des rafales de beats musclées et superposés où s’affrontent les coups de gueules de nos 2 marseillais. Alternance de riffs vigoureux et de montées indus oppressantes: Y’a du potentiel et de quoi convaincre !
Donc Binaire, retenez bien, parce qu’ils sillonnent l’Europe depuis un bon bout de temps et méritent amplement une ferme attention.


La Floche

mardi 22 décembre 2009

// CABLE - The Failed Convict


CABLE - The failed convict
sorti en 2009 chez The End Records

Avec un nom pareil, on pourrait croire qu’on va parler ici d’électricité, de connectique même si c’est vrai que le groupe vient du Connecticut (désolé je me devais de la placer) et d’autres joyeusetés mais il n’en est rien. Je vous rassure, même si j’avoue que Cable (prononcé à l’américaine « Quaybole ») a un gros côté survolté, pas besoin de ressortir vos vieux cours de technologie de 3èmes. Nous allons plutôt discuter ici d’un distille d’influence Noise, Stoner, Postcore et Sludge un peu catchy des USA. Une sacré tambouille me direz vous ! En tout cas, le groupe composé de 5 gaillards m’a suffisamment surpris pour que je jette une oreille sur ce nouveau skeud fraîchement sorti… une découverte pour moi, puisque Cable m’était complètement inconnus ces derniers mois, même si cela fait quelques temps déjà que la bande bourlingue (en comptant une pause de 3 ans malgré tout).
Cette fois ci, « The Failed Convicted » sort et tire un peu son épingle dans la mesure où il insuffle une certaines bouffée d’air frais via un certains renouveau et notre ami « Jim ».

Jim c’est un peu le héros de cet album, incarné avec brio par le chanteur à la voix torturé Peter Farris. On suit l’histoire de ce petit gars et ses déboires au fil de son road-trip et des tracks (13 au total), jusqu’à la conclusion sur l’ultime chanson. Le concept est sympa, pour peu qu’on soit familier à la langue de Shakespeare: les paroles ayant naturellement une place très importante. On pourrait craindre néanmoins le pire avec cette prise de risque, mais le résultat est une réussite d’autant plus que le groupe ne se contente pas de rester dans ses acquis. Là où certains seraient plutôt frileux, Cable tente des choses tout en prenant soin de garder une certaine cohérence de l’ensemble.
Que ce soit avec la noise façon Doppler ( »The Smashing Machine « ), le Stoner Catchy avec la courte » Failure Coming Down « , ou la musique de Cowboy (!) sur « Sleep Produces Monsters « ; sur tous les points ces influences transpirent à petite échelle…. Qu’on soit bien clair, ce n’est ni du Unsane ou du Torche mais c’est suffisamment rafraichissant pour que ça soit appréciable et original. Par exemple, on pourra entendre des relents post-core à la Isis sur l’excellente « Palm Sunday » ou encore sur l’atmosphérique » Welcome to Dickinson » avec un style de base de l’album pourtant très sludge et rageur!

Le chanteur est l’un des acteurs de cette réussite. Même si la voix peut paraitre parfois trop éraillée, Peter Farris démontre une certaines polyvalence (bien aidé par ses comparses). Tantôt torturé ( » Be the wolf « ), tantôt clair ( » Running Out Roads of To Ride « ) voir carrément pop (!) sur » Outside Abilene « . On ressent tous les changements d’humeur de Jim: la joie, la colère ou encore la tristesse avec un final épique ( »The Failed Convicted « ) carrément excellent en guise de conclusion (Clint Eastwood n’est pas loin!). D’un point de vue purement musicale, on pourra noter l’ajout de quelques notes de piano pour l’introduction (sur » Jim’s Dream « ) ainsi que d’un long sample oppressant sur » Outside Abilene « . De quoi rajouter des cordes à l’arc de Cable…
Une bonne découverte donc, en espérant que le groupe continue à creuser encore et encore vers cette direction. Pour le coup, on ne pourra peut être que regretter un batteur un peu trop conventionnel, même si je n’aime pas avancer ce genre de propos. Les riffs sont en tout cas sympathiques, avec une guitare désaccordée qui est de mise. De quoi donner envie de partir en road trip en compagnie de Jim. Assurément !

Monsieur J

3.7/5
Genre: Sludge/Stoner/Noise/Post-core
A écouter: dans une cadillac.
Myspace

// DOPPLER - Songs To Defy



DOPPLER- Songs to defy
sorti le 18 septembre 2008 sur SKrecords

Ah Doppler… le genre de groupe qu’on affectionne ici! Trois petit gars qui bourlingue à droite et à gauche depuis 1998 dans un registre toujours très Noise (voir Math Rock) avec les structures complexes qui vont avec. Le groupe a toujours fait part en effet d’une grande dextérité sans jamais céder à la facilité. Cette fois ci, après le très bon « Si Nihil Alwid » sorti en 2004, Doppler revient à la charge avec « Songs to Defy »… album de 7 titres pour un total de 40 minutes.
Résultat: la claque… la même claque administrée à chaque concert du trio lyonnais d’où on ne sort jamais indemne. L’album démarre en effet sur les chapeaux de roue avec l’excellent « We Are Not Sick » et son intro samplée: « Sa va saturer, il faut que ça gueule… ». On rentre de suite dans le vif du sujet avec cette guitare tendue, biscornue (propre au groupe) et cette rythmique très enlevée.
Ca bastonne, ça chante furieusement… et ça se relâche un peu avec un passage qui nous rappellerait presque le père Santana (enfin surtout au sujet de la batterie)! Nerf à vif, le groupe joue avec nous avec cette guitare toujours hypnotique et qui transpire d’émotions sur un final épique ( »We Don’t Help« ). Le chant nous rappelle immédiatement les collègues de chez Basement ou Sleepers. Vient ensuite le tubesque et intense « My Third Life Minimum » où la puissante et précise batterie de Yann Coste fait bloc avec la guitare et la basse.
En faites Doppler c’est tout ça: des moments grandioses (le préfinal de « 6 centimètres« ); des breaks déroutant et tout en saccade, des envolées héroïques ( »New Balls« ), de grosses décharges électriques et des relâchements comme sur le tapping de « 6 centimètres« … Vous l’aurez compris, Doppler nous délivre un album très riche et affirme encore un peu plus son style. A classer logiquement parmis les tout meilleurs groupe de « Frenchy Noise ».
Ben

4.5/5
Genre: Noise made in france/Math Rock
A écouter: oui.