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vendredi 1 juillet 2011

// Fête de la musique 2011 à Vesoul - Live Report



On vous avait annoncé la fête de la musique à Vesoul (70) avec les Kylesa, Sofy Major, Jack And The Bearded Fishermen, Samenstelling et Mandala. Beaucoup ont pensé à une mauvaise blague (et nous les premier) si bien que jusqu'au dernier moment beaucoup se demandait si la date avait réellement lieu ! Il est néanmoins 13 h 30 quand les Kylesa arrivent sur Vesoul pour décharger leur matos et se fumer une clope. Sachant que la ville de Vesoul est un trou de 20 000 âmes où d'habitude il ne se passe rien , la scène est suffisamment surréaliste pour nous faire tiquer! Les aficionados ne s'y trompent donc pas, et arrivent timidement sur le coup des 19 h 30 pour le début des concerts (pendant que d'autres resteront chez eux)... Certains diront que la fête de la musique est le prétexte à un taux de beaufitude élevé: ce n'est pas entièrement faux; mais ici la scène est suffisamment excentrée pour que les amateurs de gros sons soient loin de toutes bastons de footballeurs éméchés...


Les hostilités démarrent donc assez tôt avec les jeunes Samenstelling de Besançon. Chose originale, le groupe est composé d'une bassiste/chanteuse, d'une batteuse ainsi que d'un guitariste (il en fallait bien un pour le quota de barbu). Pas que ça ait une incidence quelconque sur le son;  mais le trio s'aventure vers des sonorités post-rock et noise... La voix de la chanteuse apporte donc une certaine fraicheur, d'autant plus qu'elle se débrouille franchement bien. Les seuls regrets concernent la batteuse, qui peine à se lâcher plus ainsi que les temps morts entre les chansons (qui brisent un peu l'élan général)... Le guitariste joue néanmoins avec une bonne patate des riffs ingénieux qui nous rappellent les voisins Membrane ou encore Carusella. Une bonne découverte; il y a en tout cas quelque chose à creuser pour ce jeune groupe qui m'a laisser une impression positive.


Puis, c'est au tour des Jack And The Bearded Fishermen de venir nous présenter leur dernier album, Places To Hide. Inutile de dire que ce live était attendu par chez nous, tant ce skeud a fait grosse impression (Pour s'en convaincre, voir ma chronique). On prend donc plaisir à découvrir un nouveau set in vivo, et chose positive, le groupe n'a pas abandonné son gros son stoner. Les nouvelles song roulent des mécaniques (Scenario, Df Code,) tout en laissant entrevoir des horizons plus psyché (Beginner). Malheureusement, l'un des guitaristes se retrouve rapidement sans ampli. Après quelques minutes de stress, les membres rattrapent vite la chose , mais cela suffit à refroidir l'élan général du groupe (et on peut comprendre). Les bisontins reprennent malgré tout là où ils se sont arrêtés et confirment la bonne impression que j'avais pu avoir. Pour nuancer mon propos, je sais que certaines personnes m'ont confiées qu'elles auraient appréciées voir des titres de l'album précédent (Hunting Isn't Easy...When Dogs Become Wolves). On peut néanmoins comprendre l'envie du groupe de nous présenter des nouvelles choses.


C’est ensuite au tour des Sofy Major de fouler la semi-remorque et d’envoyer la sauce. Le trio Clermontois nous avait laissé une bonne impression lors de leurs concerts au Marais de Montigny-les-Vesoul (70) et au Pinky Bar de Montbéliard (25) en février dernier, et l’impression est confirmée. Le post-hardcore implacable de leur skeud Permission To Engage libère toute son énergie et sa fureur (le tube Outil ou le non-moins excellent Cobra Blanc), la rythmique est soutenue, au groove bien rentre-dedans (Stoom stoom stoom..) mais aussi plus nuancée (Non rien…). Difficile cependant de pouvoir ressentir en concert ce son pêchu qui sort du mixage d’Andrew Schneider sur Permission To Engage, tellement carré et puissant. Ce manque nous avait déjà marqué précédemment, pas la faute pourtant au groupe de se donner toujours à fond !
Le show permettra néanmoins à la soirée de gagner davantage en intensité et de faire chauffer un peu plus l’ambiance.


S’ensuit donc la machine Kylesa, bien huilée, bien rôdée, où seul le guitariste Phillip Cope parait être dans le gaz ce soir-là. On a d’abord pensé que le grand gaillard s’était mis une murge la veille, mais les bruits du web font circulés l’incident d’un sévère coup de jus au Hellfest suite à un problème de son (à confirmer…). Reste qu’il fût dans le gaz moralement, mais musicalement il a tenu bon pendant la bonne heure de set qu’ils nous ont servis.
Le groupe, en effet, débraye et balance : « Forsaken » ; « Said And Done » ; « Unknown Awareness » ; « Tired Climb » ; « Only One »…Après les avoir vu ces deux dernières années aux Eurockéennes, à Berlin et à l’Impetus voilà que l’on se reprend encore une baffe ! Des nouveautés sont de mises avec les excellents breaks de batteries qui se prolongent afin d’apporter un plus gros souffle tribal aux riffs poisseux, notamment sur le mythique Scapegoat et le final Hollow Severer (influence Melvins oblige). Le bassiste Corey Barhost pose ici et là quelques nappes de synthé pour appuyer les passages bien psychés (influence Pink Floyd oblige) et Philip Cope dévoile désormais l’ingénieux Thérémine (instrument de musique électronique où la note se commande à distance, déjà utilisé chez les Pixies, Skinny Puppy ou Portishead).
Des petits ajouts qui imprègnent leur force metal/sludge de tourbillons atmosphériques bien dirigés et font évolué l’univers du quintette de Savannah au-delà de la puissance de leurs riffs-bulldozers... le concert s'achève, le public en redemande mais il faut laisser la place au groupe suivant.


Néanmoins, Kylesa sait profiter des après concerts, et le "show" s'éternisera en backstage. En vrac: du jack daniel's coupé à l'eau et un compère qui détruit le goulot d'une bouteille du Hellfest en voulant l'ouvrir. Welcome boys ! Bref, étant bien claqué, nous n'avons hélas pas pu assister à la performance de Mandala. La soirée fut néanmoins excellente, et prouve que les absents ont souvent tort . Difficile en tout cas de ne pas féliciter l'organisateur pour sa prouesse (5 bons groupes, le tout gratuit), tout en espérant que ce type de soirée se renouvelle à l'avenir. De son aveux, c'est en tout cas très bien parti pour!

Monsieur J & La Floche

dimanche 20 mars 2011

// MOGWAI - Live report à la Laiterie (Strasbourg) le 19/03/2011


Complet, c'est ce qu'on peut voir sur l'affiche du concert à l'entrée de la salle. Normal. Un des groupes les plus influents de ces 15 dernières année joue ce soir. Autour de 22h les hommes de Mogwaï arrivent sur la scène qu'ils occuperont sobrement pendant près de 2h. Ils ne lâcheront rien.
Pourtant ils sont là pour offrir. Et ils offriront. Une suite d'architectures sonores, parfois fébriles et émouvantes frisant l'extinction, parfois parées d'un blindage distordu, aux 3 couches de guitares, imprenable. Mogwaï héritier du Floyd et de la rage Punk. Entre autre. Dans leurs oscillations atomiques un rêve peut prendre forme dans et devant nous. Pour cela nous devons écouter. Nous devons nous laisser aller. C'est jouable. Ils sont là pour nous aider...
A la fin du rappel les musicien quittent la scène un à un pour ne laisser qu'un bruit terrifiant, écho d'une catastrophe totale et quotidienne... Spots oranges comme des incendies et flashs bleu pâles comme les gyrophares des ultimes secours...

Nous avons déraillé définitivement...

merci à notre pote Land-0 qui a eu la chance d'y être ! (passer voir son blog!)

mardi 18 mai 2010

// DOCTOR HYDE et BLOOD FOR NAVAJOS, Live Report au Pinky Bar à Nommay (25) le 12/05/10 - MY DOG ATE MY HOMEWORK, Live Report au Privilège à Vesoul (70) le 15/05/10

 

Trop démotivé par un temps de merde et le prix excessif du festival de l’Herbe en Zik mercredi soir, on fera l’impasse avec Monsieur J des concerts de Suicide Levitation et Hellbats (avec un petit pincement au cœur, on l’avoue) pour se rendre au Pinky Bar à Nommay, près de Montbéliard, pour une soirée bien festive avec 2 formations du coin: Doctor Hyde et Blood For Navajos.


C’est toujours un bon moment de voir un show des Doctor Hyde; 4 mecs rondouillards issus des contrées de Ricarpacourt, qui jouent un rock musclé lorgnant aussi bien vers le punk de Fugazi que le stoner de Kyuss, et on a la preuve de ce dernier avec une reprise de Hurricane pendant le concert. Le groupe reprendra aussi du Primus avec l’antimilitariste Too Many Puppies, avant qu’un ami à eux, Khaled (chanteur des Tractopelle-In-Versailles), vienne poser sa voix et participer au show. Mais reste que les compos du quatuor sont aussi excellentes que l’aura du chanteur apparemment bourré depuis quelques heures déjà. C’est d’ailleurs lui qui conclura la fin du set en remerciant le public d’être venu…«manger un sandwich » (?!).


Place ensuite au Blood For Navajos, et là j’avoue qu'avec Monsieur J, on a été bien surpris par ces mecs qui ont pratiquement le même âge que nous. Alors, c’est claire que le style saute tout de suite aux yeux (plus stoner, tu meurs !) mais on a assisté à une vraie bagarre de routiers. Les gars envoient sans concession leurs brûlots instrumentales tout droit hérités des bonnes influences telles que Down, Karma To Burn ou Kyuss (putain encore eux ! C’est ça d’être mythique…) et m’ont cramé les tympans comme je l’aime.
Alors si ça, c’est faire saigner les Navajos, je suis prêt au génocide !
On repart en tout cas heureux de cette petite soirée, et vue la pluie qui s’abat sur le chemin du retour, on regrette pas d’avoir fait le choix de venir ici.


Le samedi soir suivant, ce sont les bisontins de My Dog Ate My Homework qui sont venus au bar du Privilège à Vesoul pour remuer un peu le bordel, et ce, une semaine après avoir ouvert pour le Festival Rolling Saône à Gray. Plus rock’n’roll et ouvert au large public, le set est énergique et le tempo vif. On pense sans hésiter à P.J. Harvey et Patti Smith pour la superbe voix de la chanteuse dreadlockée Julie, qui peut s’appuyer sur le jeu habile de ses musiciens distillant des riffs aussi efficaces qu’un Clutch ou un Rage Against The Machine. Le groupe joue ses morceaux tantôt électrique (My Name’s Molly) que acoustique (Downward Spiral, à ne pas confondre avec NIN) et offre une petite reprise de…P.J. Harvey en interprétant somptueusement Rid Of Me.

En bref, une bonne petite semaine de concerts locaux.
En attendant de plus grosses charges, je vous file les liens myspace de ces formations:

http://www.myspace.com/doctorhyde25  (Mater la vidéo « Consumation Obligatoire 2 », fendard !)

http://www.myspace.com/bloodfornavajos

http://www.myspace.com/mygodatemyhomework


La Floche

mardi 13 avril 2010

// MEMBRANE - Live Report au Privilège, Vesoul (10/04/10)

C’est dur d’être jeune à Vesoul, ce trou paumé de 20 000 âmes ne propose pas grand-chose d’excitant au niveau des concerts et il n’y a pas beaucoup d’endroits appropriés pour que des groupes puissent répéter. L’ambiance nocturne principale tourne autour de deux boîtes de nuit infâmes fréquentés par une population consanguine que j’exécuterai dans le berceau si la lecture de l’avenir me serait possible.
Dans ce contexte où je me fais bien chier à passer des soirées dans la ville-préfecture haut-saônoise, un concert de Membrane devient salutaire, d’autant plus que des mecs du coin qui viennent bavé du bon hardcore/noise dans une petite taverne à deux pas de chez moi est assez rare.
Le trio est ici pour défendre la sortie de son tout dernier bébé Disaster et c’est très humble de leur part de se coincer au fond d’un petit bar de Vesoul pour procéder à cette release party, car Membrane foule les planches depuis maintenant une dizaine d’année, et ils leur est déjà arrivé de jouer aux eurockéennes ou d’ouvrir pour les mythiques Unsane à Blois ! Malgré cela, le groupe n’oublie pas d’où il vient et, fidèle à leurs habitudes, le show fût bien rentre-dedans: un son urgent et lourd avec cette grosse patate bien énergique nuancée de passages mélancoliques façon Neurosis. Leur noise-core emblématique s'aère un peu plus qu'auparavant même si les assauts pachydermiques continuent de nous prendre aux tripes comme on l'attend. Grondement profond de basse, riffs de guitare plombés, force puissante et précise sur les fûts,...La cave voûtée du bar tiendra bon à ces tremblements.
Pour l’occasion, du marchandising était également déployé: albums, vêtements…
Un des nouveaux titres joués ce soir-là, Ocean, est disponible en clip vidéo depuis peu:


De quoi se chauffer pour cette fameuse date à la Poudrière de Belfort le 19 avril prochain où la formation ouvrira pour Kong et Kylesa (Impetus Festival), affaire à suivre…


La Floche

vendredi 26 mars 2010

// 16, live report aux Passagers Du Zinc, Besançon (25/03/2010)



Aaaah le PDZ et son lot de petits concerts bien sympas…


Afin de continuer la promotion de leur nouvel album Satan Told Me I'm Right produit par Steve Austin (Unsane, Today Is The Day, Converge,...), les italiens de The Orange Man Theory ouvrent les hostilités de cette soirée. Les mecs exercent un rocking hardcore rageur où l'on peut discerner une perverse dévotion au death-metal et hard rock des années 70. Soit une bonne manière de chauffer la salle pour la purge qui va suivre: les californiens de 16. Une bande de quatre vieux potes, survivants des hôpitaux psychiatriques, des drogues et boulots merdiques en tout genre (comptable, serveur de sandwichs chez Subway…) où l’unité est au plus fort. Avec une lourdeur hardcore mêlée à un bon groove stoner, les mecs ne font pas dans la concession et oscillent entre explosions brutales et riffs entraînants.  Le duo rythmique basse-batterie, lui, envoie sévère et restera imparable tout au long du show. Part de mystère par contre quant au chanteur, dernier arrivé sur scène et premier reparti. Il n'empêche que le bonhomme a bien bavé sa hargne comme il se doit.
Evidemment, 16 ne file pas autant de frissons qu’un Kyuss ou un Karma To Burn mais ca bourre agréablement les tympans quand même. Disons qu’au milieu d’une semaine pourrie de travail, ce genre d’évènement permet de venir boire des mousses et d’apprécier avec les potes le show des quatre angelinos.

En tapant la discute avec le batteur, à la fin, il est facile de saisir que le groupe a hâte de venir en juillet au Hellfest Festival de Clisson…On comprend bien que vu la pauvreté des bons concerts en France, le Hellfest devient aujourd’hui une mecque pour les puristes égarés…


Merci à Cécilia pour les photos !

 La Floche

jeudi 11 mars 2010

// PELICAN+ISIS - live reports 2007 en Suisse

En attendant les live reports du mois prochain, je me tourne vers deux concerts dont j’ai gardé des souvenirs, et heureusement des photos. Deux groupes de bon post-metal issus du label Hydra Head, qui sont venus jouer chez nos voisins helvétiques en 2007.

PELICAN - Le Romandie, Lausanne (12/04/2007)

Après une première partie de These Arms Are Snakes bien pêchue mais où le chanteur semblait avoir pas mal picolé, Pelican investit tranquillement la scène du Romandie. Le temps pour le groupe changer les cymbales, brancher les grattes, monter le volume et hop, la sauce est envoyée.
Ici, priorité à l’album City Of Echoes, programmé à sortir deux mois plus tard (mais téléchargé par bon nombre) avec d’entrée de jeu Bliss In Concrete. Ce nouveau disque à venir sera passé au crible avec une
bonne patate de post-rock/métal instrumental, gérant la formule que l‘on connaît dans ce style, c’est-à-dire gros riffs qui bavent et montées mélodieuses (Dead Between The Walls, Lost In The Headlights…). Une performance scénique bien énergique mais qui ne remplacera pas la transe qu’ils m’avaient foutu un ans plus
tôt au Dachstock Reitschulle de Berne. Car le show donné par le quator chicagoan au Romandie a, à mon sens, trop abandonné Australasia et The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw (seul le percutant Drought, avec Red Ran Amber et Aurora Borealis sauveront l’honneur.).
Une erreur volontaire qui ne passera pas inaperçue, vu le nombre de fans scandant « March To The Sea » à la fin du concert.


ISIS - Bad Bonn Kilbi Festival, Fribourg (08/06/2007)

Arrivant vers 23h sur le site du Kilbi, je me fraye un chemin entre des camés et les routiers aux maillots Neurosis jusqu’à la scène où Isis doit jouer. Coup de bol, Aaron Turner et sa bande viennent s’installer à peu près au moment où j’arrive.
Tout comme Pelican, la formation privilégie le dernier album In The Absence Of Truth avec par exemple les trois premiers morceaux joués: Wrists Of Kings ; Not In Rivers, But In Drops et l’excellent Dulcinea. Et si le groupe ignore malheureusement le cultissime So Did We, il reviennent quand même en arrière avec In Fiction ; The Beginning And The End et un False Light bien brutal, ainsi que le clou du spectacle en rappel: Celestial (The Tower) avec son riff principal massacrant.
Les membres possèdent en plus une force et une technique précise à l’image de la section rythmique basse-batterie Jeff Caxide-Aaron Harris, et les trois autres font rugir leurs guitares tout en étant capable d’éclairer leur son par des ambiances profondes et lumineuses.
Et cette décharge sur Celestial (The Tower)…C’est dur d’en ressortir indemne.


La Floche

samedi 23 janvier 2010

// BINAIRE - Live Report aux Passagers Du Zinc, Besançon (21/01/10)

Voilà un nom de groupe totalement adapté que l‘on ne peut réfuter: Binaire, soit 2 types venus tout droit de Marseille, pour envoyer du pur punk industriel minimaliste avec leurs guitares, pédales d’effets, samples, machines et boites à rythmes.
Etant l'unique artiste de la soirée sous la voute souterraine du Passager Du Zinc, le duo nous fait revisiter ses 2 anciens disques Filth Abhors Filth et Bête noire, ainsi que sa dernière sortie Idole. Et pour l’occasion, on peut vraiment dire que Binaire est loin de se foutre de notre tronche car pour 8€: show + vinyle + CD ! Voilà un groupe aux aspirations sincères.
Et la formation se permet en plus d’envoyer la purée ce soir là, à grands renforts d’accords noisy sur des rafales de beats musclées et superposés où s’affrontent les coups de gueules de nos 2 marseillais. Alternance de riffs vigoureux et de montées indus oppressantes: Y’a du potentiel et de quoi convaincre !
Donc Binaire, retenez bien, parce qu’ils sillonnent l’Europe depuis un bon bout de temps et méritent amplement une ferme attention.


La Floche

mardi 12 janvier 2010

// KAMCHATKA, KYLESA, CLUTCH - Live Report au Lido, Berlin (11/11/09)


(la Floche) Cela fait 3 jours que Monsieur J et moi, usons nos godasses dans tout Berlin, de Kurfurstendamm à Alexander Platz, en passant par la célèbre porte de Brandebourg et ses festivités des 20 ans de la chute du Mur qui divisa la ville de 1961 à 1989 (on s’est d’ailleurs coltinés le beau Jon Bon Jovi, mais on va éviter le live report sur ça…).
Puis on est tombé dans ce quartier de Kreuzberg et ses obscures salles de concerts, ses bars enfumés, ses boutiques de fringues, de Cds et 33 tours dérangeants où se côtoient Jesus Lizard, Joy Division ou Cult Of Luna au milieu de la scène nationale souterraine punk et électro. On est bien loin du Berlin touristique, mais c’est très oxygénant !

(Monsieur J) Et donc en cette journée de 11 novembre, le monde commémore l’armistice de la 1ère guerre mondiale, mais ce soir-là, dans la salle de concert du Lido, pas d’armistice ! Kamchatka, Kylesa et Clutch vont sonner le glas. Vous ne vous y trompez pas, c'est bien une affiche de malade dans une salle que l'on a découvert pour la peine comme des bons vieux touristes! Faut pas nous en vouloir: pendant que certains font les musées, nous on prefère allez voir des bûcherons. Et bien nous en a pris, puisque malgré le coût de l'entrée un peu excessif (quoique quand on aime...), les premiers puristes allemand commencent à affluer devant un Kamchatka qui commence assez tôt en fin de compte.
Pour ma part et pour la floche, c'est un peu le "grand inconnu" (ou presque) de cette soirée. J'avais en effet eu l'occasion d'écouter leur CD en 2/2 avant de partir sans rien trop savoir de ce groupe. Enfin... nous savions juste que c'était un trio rock qui nous vient du pays de tonton Ikéa. Soite, ces 3 suédois là ne sont pas venus ici pour nous vendre des canapés ou des chaises longues et compte bien nous le prouver. Le concert démarre devant un public assis (la digestion sûrement) mais attentif.
Au final, leur set est plutôt court (première partie oblige) mais sympathique, ces 3 gaillards jouent bien et sont content d'être là. Le bassiste est particulièrement habile, et chante d'une manière très "Led Zeppienne", j'apprécie. C'est propre, carré mais même si la découverte est plutôt bonne nous aurions aimé justement être un peu plus surpris. L'influence majeure de ces Kamchatka est Led Zeppelin (les seventies en général) et cela s'entend d'une manière un peu trop flagrante. En effet, le trio a un sacré potentiel mais se contente de nous faire une recette peut être un peu trop"déjà entendu"(la voix à la Robert Plant, les solos bluesly à la Page et les échappés facon Bonham)... Dommage, on aurait aimer une plus importante prise de risque malgré deux/trois musiques au petit côté stoner pas dégueux qui sont bien sympathiques . A écouter malgré tout.


(La Floche) Le temps d'aller se fumer une clope et d'engager un débat hautement instructif sur la chute du mur de Berlin; Kylesa sonne la charge et laissera personnes indemnes.
Ce qui surprend le plus dans le combo de Savannah, c’est cette force dégagée, cette puissance et rondeur du son qui donnent un show aussi dévastateur qu’un bombardement d’obus.
Morceaux du Time Will Fuse Its Worth et du Static Tensions se succèdent et s’entrechoquent: Only One ; Where The Horizon Unfolds ; Running Red ; Scapegoat ; To Walk Alone ;… Laura Pleasant hurle de façon libératrice (la voix du guitariste Philip Cope est par contre moins agressive, dommage.), le bassiste se déchaîne comme il le faut même si il semblait toutefois assez remonté contre quelques couilles dans le son…Changement par contre au niveau des batteurs, un des deux a été remplacé (est-ce temporaire ?…), et le nouveau arrivé n’est pas là pour se fendre la gueule; il bastonne ses fûts comme un taré, et enchaîne les roulements avec son compère de manière impressionnante (le temps de remettre sa mèche sur le côté).
Ça fait en tout cas bien plaisir de se prendre aussi brutalement les compos sludge-métal de ces 5 sudistes en pleine gueule, car Static Tensions demeure jusqu’à présent pour Monsieur J et moi, le meilleur skeud sortit en 2009.
Le set est conclut par l’excellent Hollow Severer, et le groupe ressort de scène aussi vite qu’il est arrivé, afin de laissé la place à la tête d’affiche de la soirée: Clutch et son bon petit stoner de bûcherons.

(Monsieur J) On ne s'y est pas trompé, le public est venu ce soir essentiellement pour Clutch. Le nombre de pull à l'effigie du groupe est ahurissant et c'est au milieu d'un par-terre de routiers germanique que le concert débute. En effet, il est bien difficile de se faufiler pour avoir une bonne place, il est 11 h 30 et la salle est carrément pleine...C'est donc tout au fond que nous assisterons au show, avec l'impossibilité pour nous de prendre des photos potables de là où nous sommes. Tant pis.
Neil Fallon et sa bande débarquent, habillés comme des Monsieur tout-le-monde (dans un monde où l'imagerie dans la musique est devenu importante, ça fait du bien à voir) , bien décidés à nous foutre une callote made in USA.
Rapidement premier constat c'est du stoner comme on l'aime et dès les premières chansons Neil Fallon est franchement en forme. En effet, c'est lui qui assure le show derrière son micro et qui enchaine de nombreuses mimiques (en plus d'avoir une voix carrément excellente). Je sais pas si ce mec est comme ça à tout ses concerts mais ça doit bien être difficile de tenir le coup, vu tout ce qu'il dégage comme énergie et comme sympathie (Note: des australiens nous confirmerons ensuite que le barbu est belle et bien comme ça à chaque show) En écoutant les albums j'avais carrément négligé le fait que c'était un peu le chef d'orchestre de cette formation. Les musiciens, bien que très bons sont en effet éclipsés et se contentent de jouer la plupart du temps les tubes du groupe; The Soapmakers, The Mob goes wild, Open Up the border...etc devant des fans comblés . Y'a pas besoin de faire de topo, c'est très bon, Clutch tourne depuis une paire d'année et c'est là que ce ressent l'expérience: au moment de fouler la scène.
Malheureusement pour la Floche et moi, les 3 jours de marche très intensives se font vite ressentir. Après la déferlante Kylesa, il est bien dur de tenir debout: avec regret nous passerons donc une bonne partie du concert assis au coin fumeur à essayer de faire passer les crampes. Damned! Nous avons quand même pu profiter de la fin du show avec une version de Electric Worry carrément énorme. En effet, le groupe nous joue surtout les chansons des derniers albums... on aurait vraiment aimer entendre un peu plus les ziks du premier mais on va pas trop être exigeant! Après quelques rappels (!) ,la soirée se termine, l'occasion pour nous de reprendre nos baroudages et faire un petit tour par la case "Distro".

Un bien bon concert, dans une bien belle ville.

Monsieur J et la Floche

lundi 28 décembre 2009

// KARMA TO BURN - Live Report au Grillen, Colmar (29/11/09)


Bien que ce fût un dimanche soir, la salle alsacienne du Grillen s’est plutôt bien remplie pour accueillir Karma To Burn.
Après deux très bonnes premières parties de Jack And The Bearded Fishermen et Hangman’s Chair, le trio instrumental de Virginie Occidentale s’installe tranquillement sur scène, l’air de rien, la banane au visage, et si il y a bien quelque chose qui marque chez Karma To Burn, c’est bien cette simplicité qui fait plaisir à voir. Aucun artifices ici, le guitariste Will Mecum, le bassiste Rich Mullins et le batteur Rob Oswald ne se prennent pas la tête et balancent leur stoner des Appalaches en commençant par un « Eight » plus lent que sur CD mais dégageant une puissance et un groove qui met tout le monde d’accord.
Le groupe enchaîne donc les pépites issues de leurs albums sortis de 1997 à 2001, « Thirty Eight » ; « Thirty Four » ; « Thirty Six » ;…ainsi que le fulgurant « Thirty Nine » qui m’a soulever les tripes tellement je l’attendais comme un dingue. Ces chansons, il faut tout de même le préciser, étaient bien en avance sur leur temps, car faire du Stoner-rock instrumental à une période où Kyuss s’est arrêté, et où la jeunesse s’enrôle dans un mouvement néo-métal incarnés par Limp Bizkshit et Linkin Park, relève d’un courage sans précédent.
Le superbe « Nineteen » est coupé net dans son élan par un petit pétage de corde, mais pourquoi s'énerver ? On se fend la gueule, on applaudit chaleureusement le temps de changer ça et le concert repart de plus belle.
Les morceaux du premier album éponyme où apparaissait le chant de Jason Jarosz, ne sont pas délaissés par le trio, qui nous sert par exemple le sublime « Patty Hearst’s Closet Mantra » mêlant fureur sonore et passages d’accalmie, et également « Ma Petite Mort » en guise de rappel.
Bref, un show qui remet les choses en place niveau musique comme sur le plan de l’attitude, on ressort du Grillen comblés avec pas mal de goodies de ce Réunion Tour.


La Floche

lundi 21 décembre 2009

// DÄLEK - Live Report au Festival Sonorama, Besançon (09/10/2009)


2h30 du mat’: l’acide est redescendu mais y’a encore un putain de bon vacarme qui résonne dans mes tempes.
Dälek a donné ce soir là une prestation impressionnante de leur hip-hop bruitiste et distordue, en mélangeant les chansons de leur dernier opus Gutter Tactics avec des morceaux plus anciens, mais toujours aussi incisifs. Le duo du New Jersey a imposé un mur du son massif et oppressant, sur le site d’une ancienne usine en friche idéalement taillée pour apprécier ce genre de musique, au pied de la citadelle de Besançon.
Vers 1h30, MC Dälek et The Oktopus débarquent et enchaînent les morceaux sans temps mort: "No Question" ; "Armed with Krylon" ; "Street Diction" ; "Paragraphs Relentless" ; "Eyes To Form Shadows"…C’est la première fois que j’assiste à un concert de hip-hop, mais je suis très honnêtement emballé. Ambiances sombres et prenantes des samples, lourdeurs ahurissantes des beats, et un bon fond de colère dans les flows de MC Dälek. Le tout présenté dans un jeu de lumières aux couleurs du dernier skeud, avec des écrans faisant projeter des vidéos travaillées d’explosions, averses,…
Ce que l’on peut également apprécier à ce concert, c’est que les 2 musiciens de Newark n’attirent pas un public d’adolescents boutonneux venu en scooter avec le pantalon dans les chaussettes, le pull Airness et la banane Lacoste, loin de là. Car Dälek draine un parterre de fans autant issus du Rap que du Rock, mais toujours ouvert aux profondes sonorités explorées par le groupe. Des artistes tels que Mike Patton ou les Young Gods ne devaient d’ailleurs pas être inconnus à une partie du public…
Le set est conclu par l’éponyme "Gutter Tactics" qui achève en beauté ce concert, et me donne envie d’aller fouiller plus loin en arrière dans leur discographie. Du tout bon.

La Floche