Un nom d'album avec le mot Rock dedans,
c'est sur qu'on a vu plus original. Mais là on parle de Clutch les gars.
Sûrement le groupe de stoner le plus coolos et le plus régulier en
terme de production depuis maintenant une vingtaine d'années.
La
plupart des groupes qui déclarent vouloir sortir un album plus heavy,
nerveux , arguant un retour au source à base de phrases chocs n'offrent
souvent que de la poudre aux yeux. Les 4 membres du groupe ont ici
l'intelligence et le talent de mettre à exécution ce qu'ils déclarent
dans la presse. Earth Rocker tend effectivement plus vers un Blast
Tyrant plutôt qu'un Strange Cousins from The West (carrément plus
bluesy).
Le frontman Neil Fallon
-qui excelle à nouveau sur cet album- a indiqué vouloir respecter
l'ordre des chansons lorsqu'elles seront joués en festival. L'album a
donc été pensé de cette façon en termes de production, gagnant en
concision. Et c'est vrai que certains morceaux sont des futurs hits sur
scène. Pour les citer: Earth Rocker et son refrain ravageur, Crucial
Velocity, The face, Dc Sound Attack (l'harmonica !), la ballade spoken
word Gone Cold, Oh Isabella...C'est direct, dans la pure veine des
premiers. Une très bonne cuvée qui ne fait qu'accroitre tout le respect que l'on porte déjà pour le groupe. -Jéjé Allin-
Chaque année possède son lot de skeuds prêt à concasser les tympans. On vient de s’intéresser de plus près à ce qui est sortie l’an dernier (il est bientôt temps, en avril 2010...) et pour 2009, on a trouver des retours gagnant (Dinosaur Jr, Polvo); ainsi que la confirmation d’une scène métal-sludge progressive importante dans l’état sudiste de Géorgie (Mastodon-Kylesa-Baroness)…
Ceci n'est pas un classement.
DINOSAUR JR - Farm
Ce pilier du rock indé dans les années 90, acoquiné en tournée avec Nirvana, Sonic Youth et Babes In Toyland, se reforme en 2007 pour le fric (ils le déclarent) et sort un bon album, The Beyond, alors que les trois compères se supportent difficilement entre eux (ils le déclarent…). Mouais…N’empêche que le trio réussit de sortir l’an dernier ce Farm qui surpasse The Beyond et même certains disques plus anciens comme Bug !
Des tubes pop-rock-punk aux mélodies imparables où Jay Mascis s’éclate efficacement avec ses solos wah-wah (Over It) et nous entraîne vers de beaux morceaux calmes (Plans ; Said The People). Lou Barlow compose les très Neil Young Imagination Blind et Your Weather, soit deux des meilleures compos de l’album. Excellent, surtout pour tailler la route des vacances.
POLVO - In Prism
Ici c’est une reformation toute récente du groupe d’Ash Bowie où ce disque est sortie dans la foulée. In Prism révèle un noise-rock indé progressif mis en boîte par des structures complexes mais heureusement loin du math-rock (la formation a toujours réfuté le terme), avec une teinte de psychédélisme. A partir d’une mélodie, les gars dévoilent des parties inouïes et des riffs hors-normes (Beggar’s Bowl ; City Birds…) en restant toujours poussés par une bonne dynamique.
Polvo a commencé en 1990 et 20 ans plus tard; aucune perte d’inspiration, au contraire.
KYLESA - Static Tensions
De loin la meilleure sortie de l’année pour Monsieur J et moi, un album de chevet. Un chef-d'oeuvre tant par l’artwork que la musique. Voir la double-chronique: Ici.
PISSED JEANS - King Of Jeans
Ces ricains de Allentown (Pennsylvanie) donne un mélange entre Black Flag et The Jesus Lizard où l’énergie punk-rock s’accompagne d’une sauvagerie totale. Une folie agressive et spontanée du chant qui prend toute son ampleur dans des riffs tranchants, qui sont parfois hantés à la manière d’un Oxbow ( Request For Masseuse ; Spent ) mais mettent tout le monde d’accord sur des titres plus directes ( False Jesii ; Half Idiot ; Dream Smotherer ).
Encore un bon disque de l’écurie Subpop.
SONIC YOUTH - The Eternal
Encore une nouvelle régénérescence pour ces mythiques new-yorkais, tritureurs de sons s’adonnant aujourd’hui à déconstruire des pop-songs. The Eternal reprend ce credo avec l’énergie en plus. Voir dans la multi-chronique: ici.
CLUTCH - Strange Cousins From The West
Les 4 gars du Maryland continue de jouer un bon petit stoner de routier pépère. Leur show donné à Berlin en novembre dernier nous avait d’ailleurs bien convaincu. Alors surtout faut pas s’attendre à une décharge de puissance façon Kyuss ou Orange Goblin, car Clutch est un groupe aujourd’hui qui pose tranquille ses parties et les fait groover comme il l’entend. On peut apprécier sur cet album de bonnes petites rythmiques ( Struck Down ; Minotaur ) où le groupe y peaufine des subtilités jazzy ( The Amazing Kreskin ) et même des montées patriotiques ( Abraham Lincoln ).
A PLACE TO BURY STRANGERS - Exploding Head
Un des skeuds les plus audacieux de l’année, loin de ressasser quelque chose de déjà fait. Voir la chronique: ici.
HINT VERSUS EZ3KIEL - Collision Tour 2009
Egalement disponible en DVD, ce Collision Tour est le fruit d’une rencontre scénique entre la noise chaotique de Hint et le trip-hop d’Ez3kiel. Les morceaux joués sont une alternance des compos de chacun, avec un son plus massif pouvant convaincre ceux qui ont un avis sceptique sur ces 2 groupes.
Le résultat est vraiment riche et varié, ca va du post-rock Mr Investigator au très Pink Floyd Wagma, en passant par le somptueux et planant Beautiful Old Betty. Ca bastonne aussi sévère dans le hardcore/noise avec Flexible, ou encore Chinatown et ses 2 basses toutes distos dehors.
DÄLEK - Gutter Tactics
Ouverture sur un discours intelligent du Réverend Wright, et le duo du New Jersey ravive une flamme qui s’était éteinte depuis le cultissime Absence sortie en 2004.
De No Question à Atypical Stereotype, on redécouvre cette colère enfouie sous une crasse de samples angoissants baignant dans une atmosphère sombre, dont le point culminant est atteint avec Street Diction.
Selon les dires des membres, MC Dälek et Oktopus, ce disque sonne comme du hip-hop old-school sous influence Melvins/Black Sabbath…
MASTODON - Crack The Skye(instru)
Du crack et du sky’, c’est ce qu’il faut pour apprécier encore plus ce nouvel album de Mastodon. Il y a cependant une exception, celle où il faut écouter ce disque en version instrumentale car les 4 mecs d’Atlanta livrent des parties vocales de moins en moins convaincantes. Les parties instru, elles, le restent.
Pour obtenir cette version, essayez de taquiner la mule ou de traverser les torrents, en prenant garde que Christine Albanel ne vous envoie pas le GIGN…
BARONESS - Blue Record
Autre groupe important de la ville de Savannah, Baroness dévoile avec Blue Record son propre style de métal, qui doit autant à ses compagnons d’armes (Kylesa, Mastodon, Genghis Tron,…) qu’à des légendes comme Pink Floyd ou Black Sabbath. Cet opus épique varie habilement entre puissance sludge ( The Sweetest Curse ; Swollen And Halo…) et transitions calmes ( Bullhead’s Psalm ; Steel That Sleeps The Eye…), toujours avec un grand travail de composition.
Le chanteur-guitariste John Dyer Baizley, connu aussi pour être peintre (voir par exemple Static Tensions de Kylesa), est à l’origine de la pochette de Blue Record.
SOULSAVERS - Broken
Véritable nomade de la musique, Mark Lanegan s’est arrêté cette fois chez les britanniques de Soulsavers pour posé sa voix rauque et éraillée sur 9 titres parmi les 14 que compte ce magnifique disque. Une association qui voit des troublantes ballades de western avec de belles envolées vocales foutant la chaire de poule, il n’y a qu’à écouter ne serait-ce que Some Misunderstanding pour en être convaincu. Gibby Haines des Butthole Surfers et Mike Patton font aussi de petites apparitions sonores, l’un sur Death Bells, l’autre sur Unbalanced Pieces, mais ils ne faut surtout pas oublier que ce Broken est avant tout un album des Soulsavers, et que sans leurs talentueux arrangements, ça emmènerait moins large.
WINO - Punctuated Equilibrium
Pour les fans du stoner-rock 70’s, ce disque peut s’avérer intéressant. Voilà un Scott « Wino » Weinrich en grande forme qui vient faire ronronner son ampli avec ses bons petits riffs et ses solos impeccables. En écoutant ce Punctuated Equilibrium, on est pris dans le même groove qu’en écoutant les derniers Clutch et ce n’est pas un hasard puisque la section rythmique est tenue à la batterie par Jean-Paul Gaster, le batteur...de Clutch !
Une tâche sombre vient malheureusement aujourd’hui noircir ce beau tableau avec la mort tragique du bassiste de ce projet, Jon Blank (ex-Rezin), décédé d’une overdose le 2 mai 2009 soit 3 mois après la sortie de l’album. Un coup très dur pour Wino qui comptait sur ce power-trio pour laver ses problèmes de 2008 avec The Hidden Hand.
RUSSIAN CIRCLES - Geneva
A l’heure où les Isis et Pelican commencent à tourner en rond, et où l’on assiste à une vague de clonage de Mogwai toujours plus ridicule les uns des autres (faut dire ce qui est: les noms d’albums à la « Fire…Earth…Sky…Sea…Light…Sun », les arpèges de notes insipides et les projections de changements climatiques en tout genre, ça va bien avec 2 ou 3 groupes précurseurs du genre !), il reste quand même un trio récent qui se contente de faire son propre post-rock: les chicagoans de Russian Circles. Rythmiques soutenues, directes et précises, qui s’allient aux guitares à la fois nerveuses et mélodiques: techniquement c’est toujours la baffe ! Après leur mythique opus Station, Geneva constitue une bonne suite.
HELLBATS - One Minute Suicide
Le skeud de l’année pour ce qui est de la scène local, un trio de Montbéliard qui revient de loin et est prêt à en découdre avec les règles conventionnelles que dressent le punk. Car ce style ne peut pas se détacher de la musique que joue Hellbats, l’influence est indéniable. Mais le groupe joue plutôt dans le registre death-punk façon Turbonegro (première époque) ou Mondo Generator. La haine au ventre et la bave aux lèvres, on ne peut que s’incliner devant les charges brûlantes que représentent A Beautiful Death, Kiss The Viper ou l’éponyme One Minute Suicide.
On leur souhaite que du meilleur pour la suite !
Dans la liste des déceptions 2009 on pense inéluctablement à "Mirror,Mirror" de Ghinzu, "What we all come to need" de Pelican, "Until The Morning Come" des Flying Donuts, ou encore "The Resistance" de Muse (enfin là d'un côté c'est pas comme si on avait attendu quelque chose)
(la Floche) Cela fait 3 jours que Monsieur J et moi, usons nos godasses dans tout Berlin, de Kurfurstendamm à Alexander Platz, en passant par la célèbre porte de Brandebourg et ses festivités des 20 ans de la chute du Mur qui divisa la ville de 1961 à 1989 (on s’est d’ailleurs coltinés le beau Jon Bon Jovi, mais on va éviter le live report sur ça…). Puis on est tombé dans ce quartier de Kreuzberg et ses obscures salles de concerts, ses bars enfumés, ses boutiques de fringues, de Cds et 33 tours dérangeants où se côtoient Jesus Lizard, Joy Division ou Cult Of Luna au milieu de la scène nationale souterraine punk et électro. On est bien loin du Berlin touristique, mais c’est très oxygénant !
(Monsieur J) Et donc en cette journée de 11 novembre, le monde commémore l’armistice de la 1ère guerre mondiale, mais ce soir-là, dans la salle de concert du Lido, pas d’armistice ! Kamchatka, Kylesa et Clutch vont sonner le glas. Vous ne vous y trompez pas, c'est bien une affiche de malade dans une salle que l'on a découvert pour la peine comme des bons vieux touristes! Faut pas nous en vouloir: pendant que certains font les musées, nous on prefère allez voir des bûcherons. Et bien nous en a pris, puisque malgré le coût de l'entrée un peu excessif (quoique quand on aime...), les premiers puristes allemand commencent à affluer devant un Kamchatka qui commence assez tôt en fin de compte. Pour ma part et pour la floche, c'est un peu le "grand inconnu" (ou presque) de cette soirée. J'avais en effet eu l'occasion d'écouter leur CD en 2/2 avant de partir sans rien trop savoir de ce groupe. Enfin... nous savions juste que c'était un trio rock qui nous vient du pays de tonton Ikéa. Soite, ces 3 suédois là ne sont pas venus ici pour nous vendre des canapés ou des chaises longues et compte bien nous le prouver. Le concert démarre devant un public assis (la digestion sûrement) mais attentif. Au final, leur set est plutôt court (première partie oblige) mais sympathique, ces 3 gaillards jouent bien et sont content d'être là. Le bassiste est particulièrement habile, et chante d'une manière très "Led Zeppienne", j'apprécie. C'est propre, carré mais même si la découverte est plutôt bonne nous aurions aimé justement être un peu plus surpris. L'influence majeure de ces Kamchatka est Led Zeppelin (les seventies en général) et cela s'entend d'une manière un peu trop flagrante. En effet, le trio a un sacré potentiel mais se contente de nous faire une recette peut être un peu trop"déjà entendu"(la voix à la Robert Plant, les solos bluesly à la Page et les échappés facon Bonham)... Dommage, on aurait aimer une plus importante prise de risque malgré deux/trois musiques au petit côté stoner pas dégueux qui sont bien sympathiques . A écouter malgré tout.
(La Floche) Le temps d'aller se fumer une clope et d'engager un débat hautement instructif sur la chute du mur de Berlin; Kylesa sonne la charge et laissera personnes indemnes. Ce qui surprend le plus dans le combo de Savannah, c’est cette force dégagée, cette puissance et rondeur du son qui donnent un show aussi dévastateur qu’un bombardement d’obus. Morceaux du Time Will Fuse Its Worth et du Static Tensions se succèdent et s’entrechoquent: Only One ; Where The Horizon Unfolds ; Running Red ; Scapegoat ; To Walk Alone ;… Laura Pleasant hurle de façon libératrice (la voix du guitariste Philip Cope est par contre moins agressive, dommage.), le bassiste se déchaîne comme il le faut même si il semblait toutefois assez remonté contre quelques couilles dans le son…Changement par contre au niveau des batteurs, un des deux a été remplacé (est-ce temporaire ?…), et le nouveau arrivé n’est pas là pour se fendre la gueule; il bastonne ses fûts comme un taré, et enchaîne les roulements avec son compère de manière impressionnante (le temps de remettre sa mèche sur le côté). Ça fait en tout cas bien plaisir de se prendre aussi brutalement les compos sludge-métal de ces 5 sudistes en pleine gueule, car Static Tensions demeure jusqu’à présent pour Monsieur J et moi, le meilleur skeud sortit en 2009. Le set est conclut par l’excellent Hollow Severer, et le groupe ressort de scène aussi vite qu’il est arrivé, afin de laissé la place à la tête d’affiche de la soirée: Clutch et son bon petit stoner de bûcherons.
(Monsieur J) On ne s'y est pas trompé, le public est venu ce soir essentiellement pour Clutch. Le nombre de pull à l'effigie du groupe est ahurissant et c'est au milieu d'un par-terre de routiers germanique que le concert débute. En effet, il est bien difficile de se faufiler pour avoir une bonne place, il est 11 h 30 et la salle est carrément pleine...C'est donc tout au fond que nous assisterons au show, avec l'impossibilité pour nous de prendre des photos potables de là où nous sommes. Tant pis. Neil Fallon et sa bande débarquent, habillés comme des Monsieur tout-le-monde (dans un monde où l'imagerie dans la musique est devenu importante, ça fait du bien à voir) , bien décidés à nous foutre une callote made in USA. Rapidement premier constat c'est du stoner comme on l'aime et dès les premières chansons Neil Fallon est franchement en forme. En effet, c'est lui qui assure le show derrière son micro et qui enchaine de nombreuses mimiques (en plus d'avoir une voix carrément excellente). Je sais pas si ce mec est comme ça à tout ses concerts mais ça doit bien être difficile de tenir le coup, vu tout ce qu'il dégage comme énergie et comme sympathie (Note: des australiens nous confirmerons ensuite que le barbu est belle et bien comme ça à chaque show) En écoutant les albums j'avais carrément négligé le fait que c'était un peu le chef d'orchestre de cette formation. Les musiciens, bien que très bons sont en effet éclipsés et se contentent de jouer la plupart du temps les tubes du groupe; The Soapmakers, The Mob goes wild, Open Up the border...etc devant des fans comblés . Y'a pas besoin de faire de topo, c'est très bon, Clutch tourne depuis une paire d'année et c'est là que ce ressent l'expérience: au moment de fouler la scène. Malheureusement pour la Floche et moi, les 3 jours de marche très intensives se font vite ressentir. Après la déferlante Kylesa, il est bien dur de tenir debout: avec regret nous passerons donc une bonne partie du concert assis au coin fumeur à essayer de faire passer les crampes. Damned! Nous avons quand même pu profiter de la fin du show avec une version de Electric Worry carrément énorme. En effet, le groupe nous joue surtout les chansons des derniers albums... on aurait vraiment aimer entendre un peu plus les ziks du premier mais on va pas trop être exigeant! Après quelques rappels (!) ,la soirée se termine, l'occasion pour nous de reprendre nos baroudages et faire un petit tour par la case "Distro".