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mardi 9 juillet 2013

// EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN - Kollaps


Sorti le 5 octobre 1981 sur Zickzack

Les grands débuts des Messieurs bricolage. C'est LA musique industrielle dans son essence même avec des sonorités qui puisent leurs forces dans le BTP et appuient tout un questionnement philosophique sur la relation entre l'homme et la matière, sur l'urbanisme et l'architecture, sur le malaise et/ou la fierté d'être acariâtre envers la société moderne. Le son y est brute, primitif, agressif, déconstruisant toute convention, ritualisant un nihilisme à fleur de peau et rejetant la moindre mélodie qui pourrait adoucir nos pauvres petites oreilles. Choisis donc ce camp lecteur - celui des voix écorchées, des marteaux-piqueurs, des barres à mines et des plaques de fers - et réarme ton fusil.

"La musique, c'est du bruit qui pense" disait Victor Hugo. Si seulement il avait pu écouté ça...

jeudi 17 janvier 2013

// EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN - Strategies Against Architecture IV


Sorti le 7 décembre 2010 sur Mute

Quatrième partie de la série Strategies Against Architecture, sorte de compilation de faces B, de raretés et de lives collectées entre 2002 et 2010 principalement autour des albums Perpetuum Mobile (2004), l'interactif Grundstück (2005) et Alles Wieder Offen (2007). Nos sidérurgistes berlinois restent dans leur fière démarche dadaïste de conceptualisation du bruit, de racolages avant-gardistes en tout genre, et de versions retravaillées en totale abnégation de ses intérêts dans les diktats punks et indus... Un double CD complet, consciencieux et fortement recommandable puisque pour une fois, un objet de cette envergure ne présente pas des brouillons et fonds de tiroirs pourris comme certains groupes s'entichent de le faire.

...life on other planets is difficult...


lundi 18 octobre 2010

// EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN - Halber Mensch


 Sorti en 1985 sur Some Bizzare

L’usine désaffectée et le cabaret horrifique en plein choc frontal. L’usine pour les « instruments » (perceuses, marteau-piqueurs, plaques de fer,…) et le cabaret pour le lyrisme saignant d’un Bargeld traumatisé par le mouvement Dada et ses vices nocturnes.

Halber Mensch reste l’une des meilleures dissections sonores du groupe. Il vous flanque la tête entre le marteau et l’enclume et cogne sa musique noire, maltraitée, torturée, avec une débauche d’énergie bruitiste en déconfiture. Le martèlement des rythmes entêtants, des effets glauques, et de la voix agressive, est poussé à son paroxysme mais évite toujours l’explosion qui serait évidente, d’où la tension omniprésente du début à la fin. Chorale rituelle morbide en canon (Halber Mensch), tempos funèbres (Trinklied ; Seele Brennt) ou déluges sidérurgiques (Der Tod Ist Ein Dandy ; Das Schaben), Einstürzende Neubauten nous fait revisiter son Cabaret Voltaire métallurgique grinçant, totalement dérangeant mais carrément jouissif.



Sorti en 1986, le film Halber Mensch, réalisé avec le dégénéré Sogo Ishii, montre le groupe au Japon exécutant leurs morceaux dans un bâtiment industriel. (Ci-dessus, ZNS avec des danseurs Butô.)

lundi 4 octobre 2010

// EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN - Tabula Rasa


Sorti en 1993 sur Thirsty Ear

C’est une musique expérimentale plus pop et aux structures moins complexes, qu’Einstürzende Neubauten cherche dorénavant à construire plutôt qu’à déconstruire (une évolution de parcours quasi-similaire à celle de Sonic Youth…). Les sidérurgistes berlinois cherchent en effet à calmer le jeu, 4 ans après l’apogée d’Haus Der Lüge, sans avoir stoppé l’usage de sonorités concrètes forgeant le caractère industriel de leur musique.

Le charismatique Blixa Bargeld et sa bande entre dans l’ère des années 90 avec un son proche de Nine Inch Nails, comme l’attestent Die Interimsliebenden (qu’on peut rapprocher avec The Only Time de l’album Pretty Hate Machine ou The Big Come Down de The Fragile) et 12305(te) Nacht (qui aurait pu trouver sa place sur le Year Zero de Reznor).

Une empreinte de légèreté nous berce à travers Zebulon et Blume, en duo avec l’australienne Anita Lane dont la voix chantée-parlée se marie discrètement à celle de Bargeld, appuyée par des arpèges d’harmoniques subtiles.