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dimanche 14 octobre 2012

// DÄLEK - Deadverse Massive Vol 1: Dälek Rarities 1999-2006


Sorti le 23 juillet 2007 sur Hydrahead


Ce disque que l’on pourrait décrire comme un ovni dans la discographie de Dälek se révèle néanmoins comme un indispensable. Compilation de versions rares et inédites, ce Deadverse Massive est quasiment à conseiller aux fans des musiques rock et électro tellement les paysages sonores crées par le beatmaker Oktopus sont aux frontières du bruitisme ambiant. Des nappes, des déflagrations, des samples triturés, passés et repassés en boucle feront effectivement jouir l’oreille d’un curieux qui a grandit au son des Young Gods et de My Bloody Valentine (Angst, Vague Recollection,…) mais au vu du flow percutant de MC Dälek (Megaton, Desolate Peasants, Maintain…) il faut que les adeptes du rap indépendant se rassurent ; ils ne seront pas laissés sur le carreau.

La Floche


mardi 1 février 2011

// DÄLEK - Absence


Sorti le 7 septembre 2004 sur Ipecac

Ca démarre en spoken words pendant 30 secondes puis ensuite…noise ? hip-hop ? indus ? Tout ça à la fois, et avec classe en plus.
Messieurs les réfractaires : le rap AUTHENTIQUE de banlieue est ici, ce qui avait été perdu depuis longtemps (une pédale comme Jay-Z ou le Gay Fish n’ont jamais été fichu de sampler ne serait-ce que le crissement d’une rame de métro). Mais Dälek replace avec ce disque la fière brutalité du genre, loin des clichés absurdes du style : grosses bagnoles-grosses chaudasses-grosses chaînes en or… L’ambiance est terrifiante, ca cogne sévère, ca triture des sons grésillant à l’extrême et la colère du flow de MC Dälek est de rigueur, avec brio. Les nappes de sons glauques (Asylum (permanent underclass) ; Culture For Dollars…) se laissent surprendre par des riffs plus illuminés aux résonnances shoegaze (Ever Somber).

Une force de frappe rarement égalée dans le milieu.


mercredi 8 septembre 2010

// DÄLEK - Abandoned Language


Sorti le 27 février 2007 sur Ipecac

Dälek poursuit son mur du son unique, entre hip-hop bruitiste et expérimentations aériennes. Plus calme que le précédent opus Absence, le duo du New Jersey continue néanmoins à déverser son flow de colère sous une nappe de sonorités industrielles et shoegaze, mais de manière moins hargneuse, avec une légère baisse d’efficacité rentre-dedans qui faisait la force des disques antérieures.

Certains arrangements pourront sûrement en étonner plus d’un, notamment dans la noirceur d’un Paragraphs Relentless ou du jazzy Starved For Truth…


jeudi 29 avril 2010

// BEST OF 2009


Chaque année possède son lot de skeuds prêt à concasser les tympans. On vient de s’intéresser de plus près à ce qui est sortie l’an dernier (il est bientôt temps, en avril 2010...) et pour 2009, on a trouver des retours gagnant (Dinosaur Jr, Polvo); ainsi que la confirmation d’une scène métal-sludge progressive importante dans l’état sudiste de Géorgie (Mastodon-Kylesa-Baroness)…
Ceci n'est pas un classement.

DINOSAUR JR - Farm

Ce pilier du rock indé dans les années 90, acoquiné en tournée avec Nirvana, Sonic Youth et Babes In Toyland, se reforme en 2007 pour le fric (ils le déclarent) et sort un bon album, The Beyond, alors que les trois compères se supportent difficilement entre eux (ils le déclarent…). Mouais…N’empêche que le trio réussit de sortir l’an dernier ce Farm qui surpasse The Beyond et même certains disques plus anciens comme Bug !
Des tubes pop-rock-punk aux mélodies imparables où Jay Mascis s’éclate efficacement avec ses solos wah-wah (Over It) et nous entraîne vers de beaux morceaux calmes (Plans ; Said The People). Lou Barlow compose les très Neil Young Imagination Blind et Your Weather, soit deux des meilleures compos de l’album. Excellent, surtout pour tailler la route des vacances.


  

POLVO - In Prism

Ici c’est une reformation toute récente du groupe d’Ash Bowie où ce disque est sortie dans la foulée. In Prism révèle un noise-rock indé progressif mis en boîte par des structures complexes mais heureusement loin du math-rock (la formation a toujours réfuté le terme), avec une teinte de psychédélisme. A partir d’une mélodie, les gars dévoilent des parties inouïes et des riffs hors-normes (Beggar’s Bowl ; City Birds…) en restant toujours poussés par une bonne dynamique.
Polvo a commencé en 1990 et 20 ans plus tard; aucune perte d’inspiration, au contraire.

KYLESA - Static Tensions

De loin la meilleure sortie de l’année pour Monsieur J et moi, un album de chevet. Un chef-d'oeuvre tant par l’artwork que la musique. Voir la double-chronique: Ici.



PISSED JEANS - King Of Jeans

Ces ricains de Allentown (Pennsylvanie) donne un mélange entre Black Flag et The Jesus Lizard où l’énergie punk-rock s’accompagne d’une sauvagerie totale. Une folie agressive et spontanée du chant qui prend toute son ampleur dans des riffs tranchants, qui sont parfois hantés à la manière d’un Oxbow ( Request For Masseuse ; Spent ) mais mettent tout le monde d’accord sur des titres plus directes ( False Jesii ; Half Idiot ; Dream Smotherer ).
Encore un bon disque de l’écurie Subpop.


SONIC YOUTH - The Eternal

Encore une nouvelle régénérescence pour ces mythiques new-yorkais, tritureurs de sons s’adonnant aujourd’hui à déconstruire des pop-songs. The Eternal reprend ce credo avec l’énergie en plus. Voir dans la multi-chronique: ici.



 CLUTCH - Strange Cousins From The West

Les 4 gars du Maryland continue de jouer un bon petit stoner de routier pépère. Leur show donné à Berlin en novembre dernier nous avait d’ailleurs bien convaincu. Alors surtout faut pas s’attendre à une décharge de puissance façon Kyuss ou Orange Goblin, car Clutch est un groupe aujourd’hui qui pose tranquille ses parties et les fait groover comme il l’entend. On peut apprécier sur cet album de bonnes petites rythmiques ( Struck Down ; Minotaur ) où le groupe y peaufine des subtilités jazzy ( The Amazing Kreskin ) et même des montées patriotiques ( Abraham Lincoln ).




A PLACE TO BURY STRANGERS - Exploding Head

Un des skeuds les plus audacieux de l’année, loin de ressasser quelque chose de déjà fait. Voir la chronique: ici.




HINT VERSUS EZ3KIEL - Collision Tour 2009

Egalement disponible en DVD, ce Collision Tour est le fruit d’une rencontre scénique entre la noise chaotique de Hint et le trip-hop d’Ez3kiel. Les morceaux joués sont une alternance des compos de chacun, avec un son plus massif pouvant convaincre ceux qui ont un avis sceptique sur ces 2 groupes.
Le résultat est vraiment riche et varié, ca va du post-rock Mr Investigator au très Pink Floyd Wagma, en passant par le somptueux et planant Beautiful Old Betty. Ca bastonne aussi sévère dans le hardcore/noise avec Flexible, ou encore Chinatown et ses 2 basses toutes distos dehors.




DÄLEK - Gutter Tactics

Ouverture sur un discours intelligent du Réverend Wright, et le duo du New Jersey ravive une flamme qui s’était éteinte depuis le cultissime Absence sortie en 2004.
De No Question à Atypical Stereotype, on redécouvre cette colère enfouie sous une crasse de samples angoissants baignant dans une atmosphère sombre, dont le point culminant est atteint avec Street Diction.
Selon les dires des membres, MC Dälek et Oktopus, ce disque sonne comme du hip-hop old-school sous influence Melvins/Black Sabbath…


MASTODON - Crack The Skye (instru)

Du crack et du sky’, c’est ce qu’il faut pour apprécier encore plus ce nouvel album de Mastodon. Il y a cependant une exception, celle où il faut écouter ce disque en version instrumentale car les 4 mecs d’Atlanta livrent des parties vocales de moins en moins convaincantes. Les parties instru, elles, le restent.
Pour obtenir cette version, essayez de taquiner la mule ou de traverser les torrents, en prenant garde que Christine Albanel ne vous envoie pas le GIGN…



BARONESS - Blue Record

Autre groupe important de la ville de Savannah, Baroness dévoile avec Blue Record son propre style de métal, qui doit autant à ses compagnons d’armes (Kylesa, Mastodon, Genghis Tron,…) qu’à des légendes comme Pink Floyd ou Black Sabbath. Cet opus épique varie habilement entre puissance sludge ( The Sweetest Curse ; Swollen And Halo…) et transitions calmes ( Bullhead’s Psalm ; Steel That Sleeps The Eye…), toujours avec un grand travail de composition.
Le chanteur-guitariste John Dyer Baizley, connu aussi pour être peintre (voir par exemple Static Tensions de Kylesa), est à l’origine de la pochette de Blue Record.




SOULSAVERS - Broken

Véritable nomade de la musique, Mark Lanegan s’est arrêté cette fois chez les britanniques de Soulsavers pour posé sa voix rauque et éraillée sur 9 titres parmi les 14 que compte ce magnifique disque. Une association qui voit des troublantes ballades de western avec de belles envolées vocales foutant la chaire de poule, il n’y a qu’à écouter ne serait-ce que Some Misunderstanding pour en être convaincu. Gibby Haines des Butthole Surfers et Mike Patton font aussi de petites apparitions sonores, l’un sur Death Bells, l’autre sur Unbalanced Pieces, mais ils ne faut surtout pas oublier que ce Broken est avant tout un album des Soulsavers, et que sans leurs talentueux arrangements, ça emmènerait moins large.


WINO - Punctuated Equilibrium

Pour les fans du stoner-rock 70’s, ce disque peut s’avérer intéressant. Voilà un Scott « Wino » Weinrich en grande forme qui vient faire ronronner son ampli avec ses bons petits riffs et ses solos impeccables. En écoutant ce Punctuated Equilibrium, on est pris dans le même groove qu’en écoutant les derniers Clutch et ce n’est pas un hasard puisque la section rythmique est tenue à la batterie par Jean-Paul Gaster, le batteur...de Clutch !
Une tâche sombre vient malheureusement aujourd’hui noircir ce beau tableau avec la mort tragique du bassiste de ce projet, Jon Blank (ex-Rezin), décédé d’une overdose le 2 mai 2009 soit 3 mois après la sortie de l’album. Un coup très dur pour Wino qui comptait sur ce power-trio pour laver ses problèmes de 2008 avec The Hidden Hand.


RUSSIAN CIRCLES - Geneva

A l’heure où les Isis et Pelican commencent à tourner en rond, et où l’on assiste à une vague de clonage de Mogwai toujours plus ridicule les uns des autres (faut dire ce qui est: les noms d’albums à la « Fire…Earth…Sky…Sea…Light…Sun », les arpèges de notes insipides et les projections de changements climatiques en tout genre, ça va bien avec 2 ou 3 groupes précurseurs du genre !), il reste quand même un trio récent qui se contente de faire son propre post-rock: les chicagoans de Russian Circles. Rythmiques soutenues, directes et précises, qui s’allient aux guitares à la fois nerveuses et mélodiques: techniquement c’est toujours la baffe ! Après leur mythique opus Station, Geneva constitue une bonne suite.


HELLBATS - One Minute Suicide

Le skeud de l’année pour ce qui est de la scène local, un trio de Montbéliard qui revient de loin et est prêt à en découdre avec les règles conventionnelles que dressent le punk. Car ce style ne peut pas se détacher de la musique que joue Hellbats, l’influence est indéniable. Mais le groupe joue plutôt dans le registre death-punk façon Turbonegro (première époque) ou Mondo Generator. La haine au ventre et la bave aux lèvres, on ne peut que s’incliner devant les charges brûlantes que représentent A Beautiful Death, Kiss The Viper ou l’éponyme One Minute Suicide.
On leur souhaite que du meilleur pour la suite !

Dans la liste des déceptions 2009 on pense inéluctablement à "Mirror,Mirror" de Ghinzu, "What we all come to need" de Pelican, "Until The Morning Come" des Flying Donuts, ou encore  "The Resistance" de Muse (enfin là d'un côté c'est pas comme si on avait attendu quelque chose)

La Floche
Monsieur J (intermittence)

lundi 21 décembre 2009

// DÄLEK - Live Report au Festival Sonorama, Besançon (09/10/2009)


2h30 du mat’: l’acide est redescendu mais y’a encore un putain de bon vacarme qui résonne dans mes tempes.
Dälek a donné ce soir là une prestation impressionnante de leur hip-hop bruitiste et distordue, en mélangeant les chansons de leur dernier opus Gutter Tactics avec des morceaux plus anciens, mais toujours aussi incisifs. Le duo du New Jersey a imposé un mur du son massif et oppressant, sur le site d’une ancienne usine en friche idéalement taillée pour apprécier ce genre de musique, au pied de la citadelle de Besançon.
Vers 1h30, MC Dälek et The Oktopus débarquent et enchaînent les morceaux sans temps mort: "No Question" ; "Armed with Krylon" ; "Street Diction" ; "Paragraphs Relentless" ; "Eyes To Form Shadows"…C’est la première fois que j’assiste à un concert de hip-hop, mais je suis très honnêtement emballé. Ambiances sombres et prenantes des samples, lourdeurs ahurissantes des beats, et un bon fond de colère dans les flows de MC Dälek. Le tout présenté dans un jeu de lumières aux couleurs du dernier skeud, avec des écrans faisant projeter des vidéos travaillées d’explosions, averses,…
Ce que l’on peut également apprécier à ce concert, c’est que les 2 musiciens de Newark n’attirent pas un public d’adolescents boutonneux venu en scooter avec le pantalon dans les chaussettes, le pull Airness et la banane Lacoste, loin de là. Car Dälek draine un parterre de fans autant issus du Rap que du Rock, mais toujours ouvert aux profondes sonorités explorées par le groupe. Des artistes tels que Mike Patton ou les Young Gods ne devaient d’ailleurs pas être inconnus à une partie du public…
Le set est conclu par l’éponyme "Gutter Tactics" qui achève en beauté ce concert, et me donne envie d’aller fouiller plus loin en arrière dans leur discographie. Du tout bon.

La Floche