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lundi 8 juillet 2013

// CHROMATICS - Kill For Love

  
Sorti le 26 mars 2012 sur Italians Do It Better

Ô mélancolie, quand tu nous tient... Ceci est un (long) voyage au sein de la beauté sépulcrale proposé par Chromatics. Ça faisait quand même 5 ans d'attente depuis Night Drive ! Il s'agissait pour les fanatiques de prendre son mal en patience, mais ces 17 joyaux de pop romantique nous sont enfin parvenus avec Kill For Love et la surprise est de taille: troublant de par sa beauté aérienne, dansant par ses beats robotiques, hanté par une voix sensuelle aux textes fragiles où parfois s'ajoute un vocoder androgyne, ne soyons pas avare en compliments car le quartet de Portland a su faire évoluer sa formule gagnante. Chez eux, La new-wave est revisité dans une kyrielle bouleversante et prépondérante de nappes synthétiques où il va falloir prendre son temps (90min de musique dont No Escape et ses 14min d'ambiances froides). Ça sniffe autant du The Cure que du Glass Candy (eh oui, y'a Johnny Jewel dans Chromatics), du Brian Eno que du Joy Division, et osons même le comparatif à Massive Attack à l'écoute du superbe A Matter Of Time. Une belle affaire de délicatesse.


mardi 2 juillet 2013

DAVID BOWIE - "Heroes"


Sorti le 14 octobre 1977 sur RCA

Dans la continuité de Low, ce deuxième volet de la trilogie berlinoise y concentre autant son lot de tubes (The Beauty And The Beast ; Joe The Lion ; le monumental Heroes), d'expérimentations glauques (Sense Of Doubt ; Neuköln) et de minimalisme éthéré (Moss Garden) que son prédécesseur. Brian Eno tient toujours les manettes aux services du "Thin White Duck" pour l'aider à modéliser sa new-wave avant-gardiste jonché de progressions krautrock et de pop fantasmagorique, tout en renouant avec le feeling synthétique qui peuplait les sinistres paysages sonores de Low. Et le Maitre s'avère une fois de plus en passe de donner la leçon.


mardi 30 avril 2013

// DEAD - Interview (2013)

 

On sait globalement peu de chose sur DEAD, projet "rescapé" du néant. Juste que la qualité du 1er EP "Transmissions" nous a littéralement sautée au visage, nous donnant l'envie inhérente d'en savoir plus. Officiant dans une musique industrielle chamanique, le trio puise aussi bien du côté des A Place To Bury Stangers que de The Soft Moon, groupe avec lequel ils ont partagés très récemment l'affiche. Après un court échange de mail; Brice et Berne Evol respectivement guitariste et chanteur du groupe, ont gentiment répondus à nos interrogations.

VIOL AUDITIF: Pouvez vous nous expliquer qu'est-ce que DEAD? Le concept, les horizons musicaux de chaque membre... Est-ce un side project, ou êtes vous uniquement impliqué dans DEAD ?

Brice (guitare): C’est assez compliqué. Le projet date de plus de deux ans, comme l’EP d’ailleurs. On l’avait oublié puis on a tout balancé sur Facebook en Novembre dernier. DEAD renaît, on va dire. DEAD c’est donc un projet Noise/Industriel où on mélange un peu tous nos influences étant donné qu’on a des âges complètement différents, ce qui donne un résultat assez hybride, j’aime bien. D’ailleurs, on nous dit souvent que notre son se rapproche assez de Nine Inch Nail ce qui est plutôt drôle car je t’avoue qu’on n’a jamais écouté ce genre de musique, et je t’avoue que je n’assume pas trop ce côté là. C’est sans doute le côté indus de notre son. Pour ma part, je suis plutôt fan de shoegaze, post punk et noise et pour tout te dire j’adore les A Place To Bury Strangers. On peut dire que DEAD est un side project mais pas que. Bernard (Machine) joue aussi dans Maria False & Darcy et j’ai aussi un autre groupe avec le chanteur des Maria False: future.

Berne Evol (chant) : Personnellement je n’ai pas d’autres projets musicaux à côté, ce qui fait que pour moi DEAD n’est pas un side project, mais je comprends ce que Brice veut dire…. DEAD n’a failli pas voir le jour, c’est un projet rescapé en somme ! D’ailleurs side project ou pas il faudra dorénavant compter sur nous car nous ne sommes pas prêts d’arrêter et nous avons une faim de live qui n’égale que son contentement ! En ce qui concerne les influences, il y’en a effectivement beaucoup (nous écoutons tous beaucoup de musique) mais DEAD a un son bien à lui et il serait compliqué de dire que çà ressemble à ci ou ca….En ce qui me concerne j’arrive des 90’s, j’ai été bercé par Sonic Youth, PJ Harvey, Dinosaur jr, Pavement ….

Vous avez sorti en novembre votre 1er EP "Transmissions", peut on voir là un clin d'oeil à Joy Division? Plus loin, quels sont les "entités" qui vous inspire (Groupes musicaux, livres, film...)?

Brice : Pas du tout. On aimait juste la sonorité de ce mot. Et puis, l’EP en soit transmet quelque chose de nouveau en terme de son et d’esthétisme. Après on aime ou on aime pas.

Berne Evol : Dans les références littéraires il y’a William Burroughs qui pour ma part à pas mal marqué mon univers artistique…. Il y’a des bouquins comme « The Naked Lunch » ou « Junkie » desquels on se remet pas. Niveau cinéma j’aime beaucoup Lynch mais c’est quelque chose qu’on a pas le droit de dire aujourd’hui….Ca fait trop surfait ! (rires)

J'ai vu que vous aviez partager l'affiche avec l'excellent groupe THE SOFT MOON. On peut voir des similitudes avec DEAD: le caractère hypnotique de votre boite à rythme et des machines, donnent un aspect assez tribal à votre musique . Est-ce une façon d'amener l'auditeur vers une forme de trans?

Brice : Ce concert en première partie des Soft Moon était plus qu’inattendu. Quand on a commencé à jouer avec Berne, on a tout de suite accroché avec leur premier album sorti en 2010. Donc autant te dire que pour un premier concert c’était vraiment bien. C’est vrai que DEAD est assez hypnotique, voir limite dansant...

Berne Evol :
Effectivement nous sommes très contents d’avoir été remarqué pour cette première partie !

Comment se passe le processus de composition? La musique électronique vous permet t-elle de composer à distance? Ou êtes-vous au contraire restés sur un mode très traditionnel: c'est à dire  les trois séquestrés dans une salle de répète?

Brice : En ce qui concerne le processus de composition, chacun amène sa touche perso. Vu qu’on est séparé géographiquement on compose tout à distance, mais c’était aussi le cas donc ça ne change pas grand chose. Généralement, je compose quelques idées que j’envoie à Berne et Bernard. De son côté Berne bosse ses paroles et Bernard, revisite le son en y ajoutant des machines, en re-bossant le son et en restructurant un peu.

Vous avez élaboré un clip vidéo pour la chanson No Place For Us. La symbolique du rouge m'a particulièrement interpellé, que représente t-elle exactement? Son utilisation me fait penser à celle de Frank Miller dans Sin City...

Berne Evol : Le clip « No place for us» parle de domination Alpha Omega, de sexe, de frustration, d’amours gâchés, de convoitises, de tromperies , d’attentes et de deception…. Bref tout un blah blah qui tourne autour de l'insatisfaction en somme. Le rouge étant la couleur de la passion, de la violence et de l’amour, il était essentiel de l’incruster dans l’univers sombre de ce clip...

Dernière question, quels sont vos projet pour le futur? Album ? Tournée?

Brice : Prochainement on va jouer aux "Bars in Rennes" le 30 Mai prochain au Bar Hic’ avec Maria False. On a aussi une date de prévue en Juin à Glasgow pour le Glasgow Psych Fest et en Juillet on part jouer dans un festival à Vilnius en Lituanie. Donc pas mal de voyages mais c’est cool on aime ça. On bosse aussi sur le deuxième EP qui devrait sortir à la rentrée Septembre ou un peu après.

Merci à vous d'avoir pris le temps de répondre à nos questions, on vous souhaite une bonne continuation pour la suite...

Pour découvrir le groupe, le 1er EP "Transmissions" est en écoute intégrale sur leur bandcamp: http://dead-band.bandcamp.com/. Vous pouvez également contacter le groupe pour télécharger gratuitement l'EP à l'adresse deadband.press@gmail.com. Enjoy !



GG Allin

lundi 13 septembre 2010

// THE CURE - Faith


Sorti le 10 avril 1981 sur Fiction

Seconde partie de la trilogie « noire », ce disque est empreint d’une tristesse froide et troublante. C’est la montée en puissance vers le sommet Pornography, une étape nécessaire mais souvent sous-estimée et critiquée pour son côté « facile, ennuyeux et kitsch »… Le fait est que Faith correspond simplement à son époque, certaines mélodies ont sûrement prises un léger coup de vieux, mais quand on voit certains groupes de merdes actuels qui se servent sans une pointe de honte dans la discographie de The Cure et qui émoustillent les petites collégiennes pré-pubères pour le plus grand bonheur de Rock & Folk… Le lynchage est à faire ailleurs.

Les fans de cold-wave adeptes du gothique peuvent prendre leur pied sur cet album, contenant des similitudes d’un bon Joy Division ou Sisters Of Mercy : une basse présente et fil conducteur des morceaux (The Holy Hour ; Other Voices), des ambiances brumeuses d’une sombre religiosité (All Cats Are Grey ; The Funeral Party) qui parfois repartent en énergie (Primary ; Doubt) pour finalement retombé sur une magnifique fin de disque (The Drowning Man et l’éponyme Faith).

mercredi 10 mars 2010

// A PLACE TO BURY STRANGERS - Exploding Head


 Sortie le 6 octobre 2009 sur Mute Records
A été album du moment

Prenez de la bonne cold-wave et faites là résonner au milieu d’une usine sidérurgique. C’est-ce que A Place To Bury Strangers a réussit à accomplir avec Exploding Head, un disque taillé à coups de fraiseuse pour un rock alternatif saturé d’aiguisages shoegaze.
Décrit comme « le groupe le plus bruyant de New York », les trois gars ne se contentent pas de passer pour un vulgaire plagiat de Jesus And Mary Chain, The Cure ou Joy Division et évitent d’endosser une cape d’icônes du Revival Rock new-yorkais 2000 comme ne se sont pas gênés certains…
A Place To Bury Strangers, c’est plus recherché, plus fouillé avec des ambiances à la fois atmosphériques et bruitistes. Un mur du son qui, paradoxalement, n’est pas écrasant mais donne plutôt dans l’aérien, avec des mélodies psychés voire désertiques ( Lost Feeling ; Dead Beat…) ou Curestes ( Keep Slipping Away ; Expolding Head…). Un des sommets de l’album est Ego Death, une bonne montée d’adrenaline dans le trafic des avenues new-yorkaises à la tombée de la nuit. Une description qui pourrait aussi coller au magnifique I Lived My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart.
Et quand on me dit ce groupe possède une patate vraiment énorme sur scène…Parole de Monsieur J, il les a rencontré et j’espère qu’il retrouvera les photos…
La Floche Genre: Shoegaze, Cold-Wave A écouter: Celles que je cite dans la chronique.

mercredi 27 janvier 2010

// CONTROL de Anton Corbijn

Sortie le 5 octobre 2007

Control est fidèle à l’histoire de Joy Division, et à la vie tragique de Ian Curtis, leader malheureux du groupe de Manchester.

Le réalisateur hollandais Anton Corbijn nous replonge à la fin des années 70, dans cette Angleterre des mines et du Tatchérisme, avec l’aide d’une pléaïde d’acteurs talentueux qui ont mis sur toile l’histoire d’un groupe novateur et dérangeant .
Ce long-métrage biographique est en noir et blanc pour mieux s’adapter à l’époque, et il est quelque part normal qu’il en soit ainsi, car l’univers de Joy Division ne relève moralement et musicalement pas de la joie (il est quand même rare de trouver des artworks du groupe autres qu’en noir et blanc…).
Le scénario a été adapté à partir de nombreux témoignages comme celui de Tony Wilson, mais surtout des mémoires Touching From A Distance écrites en 1995 par la veuve de Ian, Deborah Curtis, qui fût pour l’occasion co-productrice de Control.
Le rôle du chanteur de Joy Division est tenu par Sam Riley, très convaincant à l’écran, tout comme Samantha Morton, jouant Deborah.
Du lycée jusqu’à sa pendaison, cette œuvre permet de mieux se rendre compte du désarroi où s’était enfoncé un Curtis rongé entre sa notoriété artistique, sa liaison extra-conjugale avec Annik, sa santé fragile et sa vie de famille programmée à l’emmerde absolue.
Le film possède également l’atout de présenter soigneusement à peu près les cinq dernières années de la vie du frontman anglais en seulement deux heures, et ce, en passant habilement d’un moment clé à un autre sans dérouter le spectateur par un mauvais décalage temporel.
Les représentations des performances scéniques du groupe sont impressionnantes de justesse, avec notamment cette danse frénétique du papillon crevé de Curtis qui n’a pas été laissée pour compte. Les postures et mimiques des musiciens de l’époque, ont été fidèlement reproduites ce qui permet d’apprécier à leurs justes valeurs des chansons cultes comme Leaders Of Men, Digital, Dead Souls (avec cette crise d’épilepsie soudaine), ou ce Transmission sur le plateau TV de Tony Wilson…
Control se termine sur la note dramatique du suicide de Ian, dont le corps pendu au plafond de sa cuisine est retrouvé avec horreur par Deborah, rentrant quelques heures plus tard. La chanson Atmosphere capte l’intensité du désarroi vécu à ce moment-là par sa femme et l’on assiste au rejet des cendres de son défunt mari dans le ciel de Macclesfield par la cheminée du crématorium.
Un chef-d’œuvre très prenant, pas uniquement réservé aux fans.


Le DVD possède en plus des bonus dont les commentaires du réalisateur et des proches de Joy Division.


La Floche

5/5