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mardi 6 novembre 2012

// EX-DRUMMER de Koen Mortier


sortie au cinéma en 2007


« Ex-drummer,ah… spécial ! »

Mon voisin flamand n’a jamais aussi bien résumé un film. Trois types handicapés forment un groupe de punk, jusqu’au jour où un écrivain en mal d'inspiration accepte de rejoindre le groupe en tant que batteur. Voyeurisme malsain et fresque d’une Belgique très profonde,  le film a fait scandale lors de sa sortie. "Ex-Drummer" pilonne une galerie de portraits psychotropes où chaque scène suinte l’urine. On aime ou on déteste. C’est absurde, souvent drôle, politiquement incorrect,  mysogine, homophobe; quelque part entre C’est arrivé près de chez vous et Trainspotting. Rare qu’un film nous prenne si peu pour des cons avec sa bande son. Jugez plutôt : Millionaire (qui a composé toutes les musiques jouées par le groupe dans le film), Mogwai, Isis, Arno, Ghinzu, Lightning Bolt… Souvent oublié par la profession par simple méconnaissance ou désintérêt, le réalisateur Koen Mortier rend justice à la musique de groupes qui s’adaptent finalement parfaitement au 7èmes art. Dans un ralenti absolument dingue, la scène finale réutilise la chanson « Blow » du groupe Ghinzu de la meilleure des manières (le réalisateur de Dikkenek a essayé, c’est raté) ; on y voit une famille pris dans son propre marasme sociologique où s’entremêle meurtres et viol. Choquant et barré, Ex-drummer constitue un vrai film à l’éthique punk/destroy, à ne pas mettre entre toutes les mains...


Bande son :

1- Lightning Bolt - Two Morro Morro Land 
2- Madensuyu – Papa Bear 
3- An Pierlé & White Velvet – Need You Now
4- The Tritones– Chagrin De La Mer
5- Mogwai - Hunted By a Freak
6- The Experimental Tropic Blues Band – Mexico Dream Blues 
7- Flip Kowlier – De Grotste Lul Van 'T Stad 
8- Millionaire – Mongoloid (cover)
9- Isis – Grinning Mouths  
10- Arno – Een Boeket Met Pisseblommen 
11- Augusta National Golfclub – People In Pairs 
12- Mel Dune – Time Hangs Heavy On Your Hands 
13- Ghinzu – Blow
14- Funeral Dress – Hello From The Underground
15- Blutch – Moving Ground
16- Millionaire – Deep Fish  
  
GG Allin

mardi 10 mai 2011

// ISIS - Celestial


Sorti le 3 avril 2000 sur Hydra Head

Avant de donner à leur metal les aérations lumineuses et enrichies que l’on trouve sur les albums Oceanic, Panopticon ou In The Absence Of Truth, Isis y insufflait un hardcore bestial. Pas un hardcore boosté à l’énergie punk façon Black Flag (car 3 morceaux d‘Isis équivalent à la durée d’un disque de Black Flag), non plus un hardcore avec ce feu aux fesses math-rock digne d’un Botch paranoïaque du moment de répit; mais un hardcore qui possède ce sens habile de la progression lourde et répétée du riff qui écrase comme un bulldozer jusqu’à lessiver au maximum le crâne (Celestial (The Tower) ; Swarm Reigns (Down) …). Le style reste classique, notamment pour le chant d’Aaron Turner, mais la brutalité des chansons, les petites interludes SGNL et les prémisses post-rock de C.F.T. permettent de pousser le genre à une corrosion sublime et sans faille.


mardi 30 novembre 2010

// ISIS - Panopticon


Sorti le 19 octobre 2004 sur Ipecac

Panopticon est un chef de file post-hardcore où Isis atteint son sommet.

Avec pour entrée en matière So Did We, le quintette nous propulse dans une énergie salvatrice confirmant ce morceau comme une pierre angulaire du genre. Aaron Turner démontre un chant plus étendu, moins  larvé dans le stéréotype du beuglement classique qui avait tendance à être dispensable sur Oceanic. Et puis il y a Backlit, In Fiction ou le génial Wills Disolve qui confirment le disque en tant qu’un savant mélange de Mogwai et de Tool. Justin Chancellor contribue d’ailleurs à la basse sur l’instrumentale Altered Course, magnifique spirale descendante d’effluves électriques vers la béatitude atmosphérique. Le morceau final, Grinning Mouth ancre le fait qu’Isis a définitivement aéré son metal, et c’est mieux dans ce sens.

Je sais que certains ont été lassé par la déferlante post-hardcore/metal du moment, alors contentez-vous (au moins) du Panopticon si tel est le cas.



dimanche 26 septembre 2010

// ISIS - Oceanic


Sorti le 16 septembre 2002 sur Ipecac

Oceanic livre un dérapage plus mélodique après le tonitruant Celestial, sorti 2 ans plus tôt. Isis rafraîchit ici ses riffs metal/hardcore par des atmosphères plus aériennes et émotionnelles.

Le contenu de l’album ne montre pas (contrairement à ce que l’on pourrait croire) une énième représentation des caprices majestueux de l’océan Made In Post-Rock. Il évoque plutôt par le biais du lyrisme d’Aaron Turner, le suicide par noyade d’un mec trompé par sa gonzesse…

Ce disque est l’ascension nécessaire au chef-d’œuvre Panopticon, avec des chansons phares en termes de brutalité (False Light…) et des progressions épiques captivantes (Carry ; Weight…).

mercredi 19 mai 2010

// ISIS - Le Split



Et allez hop ! Après Doppler le mois dernier, voilà un autre bon groupe qui se sépare: les américains de Isis.
C'est en effet via leur blog ( http://isistheband.blogspot.com/ ) que le quintette a choisit d'annoncer la fin de leur aventure, commencé il y a 13 ans à Boston.
Les membres pensent avoir fait le tour de leur musique et préfèrent y mettre un terme maintenant plutôt que de continuer inutilement. Cela peut être une sage décision car il est vrai que Wavering Radiant, dernier album en date, avait malgré tout déçu une bonne partie des fans, ceux-ci préférant logiquement revenir sur Mosquito Control, Celestial, Oceanic ou l'énorme Panopticon.
Cette séparation est en tout cas bien la preuve d'un mouvement Post-Métal qui s'essouffle depuis quelques années, l'engouement pour les Pelican, Dirge, Battle Of Mice, Callisto et autres Cult of Luna n'étant plus le même aujourd'hui. C'est évident que quand il y en a de trop dans la course, ça finit malheureusement par lasser, en dépit des signes de bonne volonté.

On ne se pose cependant pas trop de question quand à l'avenir des membres, chacun possédant déjà pas mal d'occupations et de business à gérer en dehors d'Isis. Le chanteur Aaron Turner s'occupe par exemple de Hydra Head Records, le label qu'il a fondé en 1993 et le bonhomme confectionne aussi des artworks; ainsi que le guitariste-claviériste Bryan Clifford Meyer qui possède encore son autre groupe Red Sparowes...

On espère bientôt les revoir pour de nouveaux projets...En attendant...



La Floche

jeudi 11 mars 2010

// PELICAN+ISIS - live reports 2007 en Suisse

En attendant les live reports du mois prochain, je me tourne vers deux concerts dont j’ai gardé des souvenirs, et heureusement des photos. Deux groupes de bon post-metal issus du label Hydra Head, qui sont venus jouer chez nos voisins helvétiques en 2007.

PELICAN - Le Romandie, Lausanne (12/04/2007)

Après une première partie de These Arms Are Snakes bien pêchue mais où le chanteur semblait avoir pas mal picolé, Pelican investit tranquillement la scène du Romandie. Le temps pour le groupe changer les cymbales, brancher les grattes, monter le volume et hop, la sauce est envoyée.
Ici, priorité à l’album City Of Echoes, programmé à sortir deux mois plus tard (mais téléchargé par bon nombre) avec d’entrée de jeu Bliss In Concrete. Ce nouveau disque à venir sera passé au crible avec une
bonne patate de post-rock/métal instrumental, gérant la formule que l‘on connaît dans ce style, c’est-à-dire gros riffs qui bavent et montées mélodieuses (Dead Between The Walls, Lost In The Headlights…). Une performance scénique bien énergique mais qui ne remplacera pas la transe qu’ils m’avaient foutu un ans plus
tôt au Dachstock Reitschulle de Berne. Car le show donné par le quator chicagoan au Romandie a, à mon sens, trop abandonné Australasia et The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw (seul le percutant Drought, avec Red Ran Amber et Aurora Borealis sauveront l’honneur.).
Une erreur volontaire qui ne passera pas inaperçue, vu le nombre de fans scandant « March To The Sea » à la fin du concert.


ISIS - Bad Bonn Kilbi Festival, Fribourg (08/06/2007)

Arrivant vers 23h sur le site du Kilbi, je me fraye un chemin entre des camés et les routiers aux maillots Neurosis jusqu’à la scène où Isis doit jouer. Coup de bol, Aaron Turner et sa bande viennent s’installer à peu près au moment où j’arrive.
Tout comme Pelican, la formation privilégie le dernier album In The Absence Of Truth avec par exemple les trois premiers morceaux joués: Wrists Of Kings ; Not In Rivers, But In Drops et l’excellent Dulcinea. Et si le groupe ignore malheureusement le cultissime So Did We, il reviennent quand même en arrière avec In Fiction ; The Beginning And The End et un False Light bien brutal, ainsi que le clou du spectacle en rappel: Celestial (The Tower) avec son riff principal massacrant.
Les membres possèdent en plus une force et une technique précise à l’image de la section rythmique basse-batterie Jeff Caxide-Aaron Harris, et les trois autres font rugir leurs guitares tout en étant capable d’éclairer leur son par des ambiances profondes et lumineuses.
Et cette décharge sur Celestial (The Tower)…C’est dur d’en ressortir indemne.


La Floche