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lundi 18 février 2013

// THE PRODIGY - The Fat Of The Land


Sorti le 30 juin 1997 sur Maverick et XL

"Nous sommes là pour faire danser les gens. Changer le cours de la planète n'a jamais été un but ou même un rêve pour Prodigy" disait en bon couillon Liam Howlett dès 94. Le cerveau créateur s'est alors mis le doigt dans l’œil jusqu'au coude en accouchant, avec ses deux vedettes street/punk Keith Flint et Max Reality, de la plus grande bombe électro jamais connu, constituant une issue de secours à une double décennie ravagée par la sacro-sainte merde Eurodance. Car ici, pas besoin d'être un Raver effronté pour prendre plaisir à booster les basses fréquences et faire résonner les beats du hip-hop abrasif Diesel Power, du techno-rock Serial Thriller, ou des populaires Smack My Bitch Up, Breathe et Firestarter. Les manœuvres hybrides percutent avec une cadence infernale et les hommages contemporains sont nombreux (sample des Breeders sur Firestarter ; des Beastie Boys sur Funky Shit ; reprise du Fuel My Fire de L7...). L’Angleterre a une fois de plus déminé la situation.


lundi 11 février 2013

// P.O.S. - We don't Even Live Here


 Sorti le 23 octobre 2012 sur Rhymesayers Entertainment

Contre-pied urgent dans le milieu rap pour ce multi-instrumentiste qu'est Stefon Alexander. L'anarcho-punk distribue ses coups et provoque la collision dans ce crachas alternatif non-conformiste qui remet le style à niveau. We Don't Even Live Here est une scène de crime qui va laisser à coup sure quelques douilles dans les esprits et les dogmes: politique, société de consommation, influence des grandes marques... . Musicalement, le flow incisif du MC retentit sur les claviers, scratches, guitares et la percussion appuie la répercussion des textes avec ces beats électro doublés de prises batteries live. Et comme il faut que ce soit parfait, invitez à la bringue Justin Vernon de Bon Iver, Sims, Astronautalis, Mitclan et Isaac Gale des Marijuana Deathsquads pour façonner un peu plus l'image d'un disque déjà bien admirable.


mercredi 9 janvier 2013

// WHY? - Mumps, Etc.


 Sorti le 9 octobre 2012 sur Anticon

Ennui, maladies, erreurs, suicides... Ce fascinant nouvel opus de la bande aux frères Wolf retranche derrière ses mélodies intimes et son esthétisme coloré une toute autre dimension. Voix (chanté ou rappé) désabusé et noirceur dans les textes, les arrangements instrumentales (harpe, piano, chœurs, violons...) fléchissent discrètement vers la pop, la soul, le minimalisme ou l'orchestral avec une fragilité déconcertante mais attachante. Le genre de petit cacheton sucré qui t'extirpe l'humanité des situations de gravité. Bluffant !     [La Floche]


mercredi 17 octobre 2012

// GANG GANG DANCE - Saint Dymphna


Sorti le 05 septembre 2008 sur The Social Registry


Si Gang Gang Dance laisse en concert la part belle aux improvisations séditieuses ; le rendu sur disque sonne tout aussi torride. Seulement là, c’est soigneusement préparé et orchestré de manière à faire sauter les fusibles d’un genre Arty trop accaparé ces dernières années par une chiée de groupes Anglo-Saxons pseudos-intellos-mégalos voulant démontrer un semblant d’intelligence musicale. On dira donc de ces Gang Gang Dance qu’ils taillent dans la musique expérimentale pour simplifier les choses, car ces new-yorkais sont tout bonnement inclassables : Accents de Japonisme dès le morceau d’ouverture Bebey, rythme endiablé et chant indomptable façon Yeah Yeah Yeahs sur First Communion tandis que Blue Nile mélange sans scrupule IDM et trip-hop moderne. Le cœur chavire sur les nappes de synthés agitées de Vacuum avant d’être saigner par le flow narquois du rappeur Tinchy Stryder sur Princes. Voilà que les codes sont détruits pour le domaine hip-hop qui s’aventure ici en terre hostile, et c’est tant mieux. La folie dansante avant-gardiste se poursuit jusqu’à Dust et on se dit que le voyage futuriste dans ce Saint Dymphna fût éprouvant, et tout simplement génial ! 

La Floche


dimanche 14 octobre 2012

// DÄLEK - Deadverse Massive Vol 1: Dälek Rarities 1999-2006


Sorti le 23 juillet 2007 sur Hydrahead


Ce disque que l’on pourrait décrire comme un ovni dans la discographie de Dälek se révèle néanmoins comme un indispensable. Compilation de versions rares et inédites, ce Deadverse Massive est quasiment à conseiller aux fans des musiques rock et électro tellement les paysages sonores crées par le beatmaker Oktopus sont aux frontières du bruitisme ambiant. Des nappes, des déflagrations, des samples triturés, passés et repassés en boucle feront effectivement jouir l’oreille d’un curieux qui a grandit au son des Young Gods et de My Bloody Valentine (Angst, Vague Recollection,…) mais au vu du flow percutant de MC Dälek (Megaton, Desolate Peasants, Maintain…) il faut que les adeptes du rap indépendant se rassurent ; ils ne seront pas laissés sur le carreau.

La Floche


vendredi 18 février 2011

// PUBLIC ENEMY - Fear Of A Black Planet


Sorti le 10 avril 1990 sur Def Jam

Il y a des petites phrases qui marquent nos esprits torturés. "Fight The Power" ou encore "Don’t Believe The Hype" sont tout aussi emblématiques qu’un "God Save The Queen", et cela on le doit à Fear Of A Black Planet, véritable pierre angulaire du mouvement hip-hop.
Public Enemy est l’une des rares formations rap à se déchaîner radicalement contre les médias et en faveur des afro-américains, mais toujours avec ce groove jouissif et trippant. Connaissez-vous des mecs capables de faire danser des gosses alors qu’ils critiquent dans un lyrisme incisif la condition de l’homme noir aux Etats-Unis ? Eh bien Professor Griff, Chuck D et Flavor Flav l’ont fait avec la hargne nécessaire, inspiré par les pensées des grands blacks de l’histoire du pays ; Martin Luther King, Malcom X ou Louis Farrakhan.
"Revolutionnary Generation", "Welcome To The Terrordome", “Brothers Gonna Work It Out”, “911 Is A Joke” en passant par “Burn Hollywood Burn” où Ice Cube et Big Daddy Kane collaborent en déversant leur flow ; Les beats lancent l’assaut sur vos enceintes, la basse joue un funk tendu et l’on croit bien reconnaître entre 2 allers-retours de scratching quelques samples parsemés ici et là (Thriller de Michael Jackson sur 911 Is A Joke par exemple). Cet opus livre un rap costaud, hargneux et dense. Flavor Flav passe pour l’abruti de service mais ses rimes sont imparables et Chuck D nous supplante par son aisance à défoncer rapidement n’importe quelle règle, dogme ou loi établis.

Du grand art.


Note : (Faites un don : Envoyez ce disque au 76-78 rue des Suisses, 92 000 Nanterre.)

jeudi 3 février 2011

mardi 1 février 2011

// DÄLEK - Absence


Sorti le 7 septembre 2004 sur Ipecac

Ca démarre en spoken words pendant 30 secondes puis ensuite…noise ? hip-hop ? indus ? Tout ça à la fois, et avec classe en plus.
Messieurs les réfractaires : le rap AUTHENTIQUE de banlieue est ici, ce qui avait été perdu depuis longtemps (une pédale comme Jay-Z ou le Gay Fish n’ont jamais été fichu de sampler ne serait-ce que le crissement d’une rame de métro). Mais Dälek replace avec ce disque la fière brutalité du genre, loin des clichés absurdes du style : grosses bagnoles-grosses chaudasses-grosses chaînes en or… L’ambiance est terrifiante, ca cogne sévère, ca triture des sons grésillant à l’extrême et la colère du flow de MC Dälek est de rigueur, avec brio. Les nappes de sons glauques (Asylum (permanent underclass) ; Culture For Dollars…) se laissent surprendre par des riffs plus illuminés aux résonnances shoegaze (Ever Somber).

Une force de frappe rarement égalée dans le milieu.


jeudi 4 novembre 2010

// BECK - Odelay


 Sorti le 18 juin 1996 sur Geffen

Voilà qui est déconcertant… Pour Derelict ; c’est le souk égyptien…Where It’s At ; j’ai l’impression de voir une salle de casino danser le hip-hop…Ca sniffe un peu de funk sur Devil’s Haircut…Eh pas mal le petit côté Nada Surf sur Ramshsckle…Tandis qu’on attend toujours les Beastie Boys sur High 5 (Rock The castskills) et Novacane…ou pourquoi pas les Pixies sur Minus…

Rock, pop, folk, country, hip-hop, psychédélique, funk, lounge, jazz…Comment fait ce mec pour distiller autant d’univers ? Multi-instrumentiste et seul derrière les manettes de composition, ça doit jouir d’une certaine aisance. N’empêche que chaque morceau reste impeccable sur le fil rouge de la cool attitude qui respire dans ce disque. Odelay est une dose de fraîcheur qui nous donnerait bien la gueule d’un imbécile heureux vu l’énergie positive des chansons.

Le mélange des cultures est ici permis. Beck Hansen est un voyageur, pourquoi reprocher à sa musique de l' être ?!



mercredi 8 septembre 2010

// DÄLEK - Abandoned Language


Sorti le 27 février 2007 sur Ipecac

Dälek poursuit son mur du son unique, entre hip-hop bruitiste et expérimentations aériennes. Plus calme que le précédent opus Absence, le duo du New Jersey continue néanmoins à déverser son flow de colère sous une nappe de sonorités industrielles et shoegaze, mais de manière moins hargneuse, avec une légère baisse d’efficacité rentre-dedans qui faisait la force des disques antérieures.

Certains arrangements pourront sûrement en étonner plus d’un, notamment dans la noirceur d’un Paragraphs Relentless ou du jazzy Starved For Truth…


lundi 5 avril 2010

// BEASTIE BOYS - Sabotage

Bon allez, pour tous les fans de Starsky et Hutch !

Une vidéo de 1994 qui propulsa l'album des Beastie Boys, Ill Communication dans le succès immédiat.

Le réalisateur, Spike Jonze, est aussi connu pour son travail sur des clips de Sonic Youth (100% ; The Diamond Sea), Yeah Yeah Yeahs (Y Control), The Breeders (Cannonball ; Divine Hammer), Dinosaur Jr (Feel The Pain),...



PS: Puis celle là, c'est pour l'ami Frankie:




La Floche et Monsieur J


lundi 21 décembre 2009

// DÄLEK - Live Report au Festival Sonorama, Besançon (09/10/2009)


2h30 du mat’: l’acide est redescendu mais y’a encore un putain de bon vacarme qui résonne dans mes tempes.
Dälek a donné ce soir là une prestation impressionnante de leur hip-hop bruitiste et distordue, en mélangeant les chansons de leur dernier opus Gutter Tactics avec des morceaux plus anciens, mais toujours aussi incisifs. Le duo du New Jersey a imposé un mur du son massif et oppressant, sur le site d’une ancienne usine en friche idéalement taillée pour apprécier ce genre de musique, au pied de la citadelle de Besançon.
Vers 1h30, MC Dälek et The Oktopus débarquent et enchaînent les morceaux sans temps mort: "No Question" ; "Armed with Krylon" ; "Street Diction" ; "Paragraphs Relentless" ; "Eyes To Form Shadows"…C’est la première fois que j’assiste à un concert de hip-hop, mais je suis très honnêtement emballé. Ambiances sombres et prenantes des samples, lourdeurs ahurissantes des beats, et un bon fond de colère dans les flows de MC Dälek. Le tout présenté dans un jeu de lumières aux couleurs du dernier skeud, avec des écrans faisant projeter des vidéos travaillées d’explosions, averses,…
Ce que l’on peut également apprécier à ce concert, c’est que les 2 musiciens de Newark n’attirent pas un public d’adolescents boutonneux venu en scooter avec le pantalon dans les chaussettes, le pull Airness et la banane Lacoste, loin de là. Car Dälek draine un parterre de fans autant issus du Rap que du Rock, mais toujours ouvert aux profondes sonorités explorées par le groupe. Des artistes tels que Mike Patton ou les Young Gods ne devaient d’ailleurs pas être inconnus à une partie du public…
Le set est conclu par l’éponyme "Gutter Tactics" qui achève en beauté ce concert, et me donne envie d’aller fouiller plus loin en arrière dans leur discographie. Du tout bon.

La Floche