Affichage des articles dont le libellé est alternatif. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est alternatif. Afficher tous les articles

lundi 8 avril 2013

// SOUNDGARDEN - King Animal

  
Sorti le 13 novembre 2012 sur Seven Four

On l'attendait plus forcément avec grand espoir ce nouvel album de Soundgarden, surtout après la sortie de cette immonde single pondu (chié ?) par Chris Cornell pour le film The Avengers. Déjà que l'honnêteté d'une reformation peux toujours être mise en doute, surtout chez un groupe comme celui là qui avait splitté suite a de nombreuses tensions internes, mais si en plus c'est pour nous ressortir une parodie des classiques du groupe, alors non.
Une excellente surprise pourtant que ce King Animal qui semble reprendre la carrière du groupe pile là où elle s'était arrêtée en 1996. Synthèse entre les riffs Zeppelinien et Catchy de Superunknown (1994) et les ambiances chiadées de son successeur Down On The Upside (1996), ce nouvel album contient tout ce qui a fait la force du légendaire groupe de Grunge dans les 90's ( à l'exception de ce coté plus sombre et habités à la Badmotorfinger, au regret de certains... ) : composition a la fois intelligentes, parfois étranges, mystérieuses et efficaces aux mélodies de guitare instantanément reconnaissables, aux envolées vocales magnifiques et rageuses (les plus belles de Chris Cornell depuis disons Audioslave ?) et à la section rythmique encore plus pertinente qu'auparavant. On admirera en effet le jeu de Matt Cameron et ses signatures de temps improbables et pourtant dansantes. Matt Cameron qui, entre Pearl Jam, Soundgarden et ses projets personnels a finit par se faire un CV bien plus parlant que n'importe quel Dave Grohl.
Cette cuvée grunge 2012 comporte d'ors-et-déjà son lot de classiques qui s'intégreront a merveille dans les setlist du groupe. On pourrait s'arrêter à la triplette gagnante qui ouvre l'album : Been Away Too Long, Non-State Actor et Them Crooked Steps mais aussi cette magnifique ballade d'extra-terrestre qu'est Taree sans même oublier cette petite échappée punk pied au plancher avec Atttrition. Alors, c'est pas la marque des grands de retours ça ?          -Elie-


mardi 19 mars 2013

// A PERFECT CIRCLE - Thirteenth Step


Sorti le 16 septembre 2003 sur Virgin

Pour une fois qu'on ne se fait pas enfumé par un nouveau all-star band... Jugez par vous-même.
Billy Howerdel, Maynard J.Keenan (Tool), James Iha (Smashing Pumpkins), Jeordie White (Aka Twiggy Ramirez chez Marilyn Manson) et Josh Freese (liste trop longue...) ont réussit leur coup, à savoir donner une suite qui surpasse le premier opus Mer de Noms. Une suite aussi mélancolique que mélodique, aux ambiances envoûtantes (The Noose ; Vanishing ; Gravity...) mais jamais éloigné du rock vindicatif et élaboré des débuts (The Outsider ; Pet...). Multiplicité des émotions, compositions profondes, esthétisme délicat, la surprise de taille provient d'un Maynard sachant se rendre fragile ("The Nurse Who Loved Me") ou enchanteur ("A Stranger").
A ranger dans les meilleurs albums de la décennie 2000-2010.          -La Floche-


jeudi 14 février 2013

// SNOWMAN - The Horse, The Rat And The Swan

  
Sorti le 24 mai 2008 sur Dot Dash

Accouché dans la douleur et imprégné d'une force post-punk où l'expérimentation règne en maître sur une atmosphère hostile, The Horse, The Rat And The Swan amène Snowman à délaisser l'Australie pour le vieux continent en installant ses quartiers dans la grisaille londonienne. Une grisaille qui culmine en fil rouge sur cet album brumeux, énigmatique, perturbant et proche du chaos, ponctué d'explosions tribales lorsque la batterie entre en jeu, que les voix s'écorchent et que les guitares, tantôt désertiques, tantôt shoegaze, fusionnent aux délires barrés des cuivres (saxo et clarinette en amont). Bel exemple de dandysme sombre  immaculé du sang des Swans et de Birthday Party. N'oublions pas ces chirurgiens de l'apocalypse.


mardi 29 janvier 2013

// TOTIMOSHI - Avenger


Sorti en 2011 sur At A Loss Recordings

Brin de classicisme et goût du risque évadé, Totimoshi ne signe pas un retour flamboyant avec cet Avenger mais reste sur des acquis solides qui lui vaut toujours sa bonne réputation d'un croisement sympathique entre le Blues Explosion et les Melvins. Sympathique on vous dit ce rock US alternatif, enlevé, psychédélique et bougrement entrainant sur ses mélodies aériennes comme à son groove désertique (The Fool ; Mainline ; Opus ; Leaves...). Très bon pour un road-movie sonore, il manque juste ce petit je-ne-sais-quoi qui pourrait marquer l'aspect évolutif sur le reste de la discographie, peut-être sur le plan de la conviction dans le chant...


dimanche 15 mai 2011

// BUTTHOLE SURFERS - Electriclarryland


Sorti le 2 avril 1996 sur Capitol

Album de la maturité pour beaucoup (même si évoquer la maturité des Buttholes prête à rire), Electric Larryland (parodie subtile) est un bon disque de nos couillus texans même s’il sera toujours moins excitant que le monstrueux Independent Worm Saloon. Certains morceaux gardent la niaque punk bordélique des grands moments (Birds, Thermador, Ulcer Breakout, …), les arrangements sont audacieux (finale de cordes sur Cough Syrup, beats hip-hop sur Pepper et The Lord Is A Monkey …) et l’humour acerbe reste évidemment de rigueur. Malheureusement, le disque a un goût de conventionnel et quelques faux pas s’égarent ici et là comme l’insipide Ah Ha ou encore ce Let’s Talk About Cars; sorte de collage sonore instrumentale dont le seul intêret (quoique) reste le dialogue du sample en français. 
Sans rancune, c’est bon quand même !

jeudi 5 mai 2011

// R.E.M. - Accelerate


Sorti le 31 mars 2008 sur Warner Bros

Du pop-rock de campus que l’on aimerait entendre plus souvent à la radio, histoire de relever la barre…
R.E.M. avait auparavant alterné le bon et le moins bon, l’audacieux et le putassier (qui ignore l’affreux Everybody Hurts ?) mais Accelerate signe en 2008 un excellent retour du groupe avec son lot de classiques imparables et séduisants (Living Well Is The Best Revenge ; Until The Day Is Done ; Sing For The Submarine…). 
A Mickael Stipe de conclure l’album en assumant: « I’m gonna DJ at the end of the world ». 



mardi 22 février 2011

// NIRVANA - Incesticide


Sorti le 14 décembre 1992 sur Geffen

Ereintés par la promotion et les tournées qui suivirent Nevermind, le groupe aura du mal à traverser l’année 1992. Le raz-de-marée médiatique et populaire fût tel qu’il fallait à tout pris un moyen de faire patienter les fans avant un nouvel album, et le paliatif s’appela Incesticide ; Une compilation mise en boite après négociations entre les labels de Nirvana: Geffen et Sub Pop.

Composé de raretés, faces B et sessions radios de la période 1989-1992, ce disque transitoire propose néanmoins de la bonne came. Des morceaux produits par Butch Vig et Steve Fisk (Dive, Sliver), des passages BBC de John Peel et Mark Goodier (Been A Son ; Aneurysm…) ou du travail avec Jack Endino (Beeswax ; Mexican Seafood ; Hairspray Queen…). Le profil grunge est un peu délaissé pour des reprises gonflées au punk-rock de campus américain (Son Of A Gun et Molly’s Lips des Vaselines ou le parfait Turnaround de Devo), le groupe booste même dans ce registre son propre Polly, enregistré par Mark Goodier.
La pochette fût réalisée à partir d’une peinture de Cobain, certains croient y voir une vulve…


samedi 19 février 2011

// SMASHING PUMPKINS - Gish


Sorti le 28 mai 1991 sur Caroline

Premier effort des mythiques « Citrouilles écrasées ». Ce disque enregistré par Butch Vig sortira dans l’ombre du phénomène grunge et sera éclipsé par la sortie du Nevermind de Nirvana la même année, malgré son potentiel.
Gish est avant tout un premier contact avec le chant nasillard d’un Billy Corgan pas encore chauve, des morceaux hard aux tempos enlevés (I Am One ; Bury Me ; Tristessa) et des ballades pop délicates (Crush ; Daydream chanté par D’Arcy Wretsky), qui posent les bases du son Pumpkins. Un style où l’on peut décortiquer un psychédélisme gothique emprunté à The Cure (Suffer ; Window Paine) ainsi qu’une touche d’esprit arty (pour la pochette du moins) qui n’est pas sans rappeler Jane’s Addiction.
En dépit de quelques hits comme Rhinoceros ou Siva, la reconnaissance viendra surtout des milieux underground. Il faudra attendre Siames Dreams et l’énorme Mellon Collie & The Infinite Sadness pour plus de succès.


vendredi 11 février 2011

// BLUES EXPLOSION - Damage


Sorti le 27 septembre 2004 sur Sanctuary

« On a voulu retourner à cette spontanéité avec Damage. Ce disque nous a permis de faire des choses qu’on avait pas eu l’occasion de faire sur Plastic Fang, comme expérimenter les trucs bizarres qu’on avait voulu éviter. On a demandé à plein de gens de travailler dessus, Dan The Automator, DJ Shadow, Martina Topley-Bird ou Chuck D.., bref, on revenait à nos précédents amours… »

Rien de mieux finalement qu’un membre du groupe pour commenter son propre disque, et le batteur Russel Simins ne ment pas sur la qualité de ce Damage. Une dynamite de rage rock’n’roll  où le groove électrique qui se dégage est la base idéale pour les collaborations de Chuck D (« Hot Gossip »), Martina Topley-Bird (« You Been My Baby ») ou le génial saxophoniste James Chance (« Rivals »).  C’est classieux, furieux, fiévreux et aussi endiablé qu’un bon shoot dans le nez.
Premier disque sous un nom raccourci, comme en atteste Help These Blues :

« We are Blues Explosion and wanna play some rock’n’roll !». 


jeudi 6 janvier 2011

// UNKLE - War Stories


Sorti le 20 juin 2007 sur Surrender All

« Please, forgive me… »

Tandis que le l’instrumental Chemistry a posé ses nappes de synthés sur le sol brûlant du Rancho de la Luna (merci Chris Goss), Hold My Hand flirte avec le style Depeche Mode de manière sensuel. Josh Homme (QOTSA) parvient à enflammer le dancefloor avec l’électro-rock-funk Restless aussi psyché qu’un excès de barbituriques dans un sexodrome, et les sublimes envolées vocales de Gavin Clark (du groupe Sunhouse) sur Keys To The Kingdom et Broken sont loin de calmer l’engouement émotionnel qu’on a pour ce disque.
Car War Stories est effectivement un super méfait bien dense, bien fouillé, alliant leur trip-hop originel à un électro fusionné de rock parfois tendu d’énergie (Mayday avec les Duke Spirit) ou touché par la grâce (la montée des cordes sur When Things Explode avec Ian Astbury de The Cult: Un choc).
Les ambitieux membres d’Unkle, Richard File et surtout James Lavelle, s’entourent d’une pléiade d’artistes charismatiques dont la collaboration de chacun n’a pas faillit à l’homogénéité sincère de War Stories. On peut encore recommander les pépites Persons & Machineray avec Autolux (le riff ne ment pas) ou le single porté par l’excellent Ian Astbury : Burn My Shadow.

« All is forgiven. »


lundi 13 décembre 2010

// SCREAMING TREES - Uncle Anesthesia


Sorti le 29 janvier 1991 sur Epic

Début des années 90 – Etat de Washington, USA.

Bien loin de l’importance des Nirvana, Pearl Jam et autres Soundgarden, les Screaming Trees ont aussi fait partie du phénomène « grunge » mais dans une moindre influence, passant parfois pour des oubliés.
Uncle Anesthesia est le premier pas du groupe sur une major, avec l’aide précieuse de Chris Cornell (finances, production...). Ce nouveau méfait reste considéré par certains comme leur meilleur, mais il ne parvient pas à décoller dans les ventes. De plus que la situation empirait entre les membres, quitte à se foutre violemment sur la gueule… Le disque est pourtant bien abouti et son potentiel est insufflé d’une fraîcheur sympathique dans ce mélange rock-psyché-hard superbement taillé pour trainer son cul en pick-up dans la chaîne des Cascades comme un bon Jimmy (Bed Of Roses ; Story Of Her Fate ; Ocean Of Confusion…). Les structures emportent par leur fluidité et leurs aspects mélodiques. Même les passages les plus sombres évitent d’être plombant car le chant de Mark Lanegan, bien que noir et énigmatique, apaise par son côté aérien (Before We Arise ; Closer ; l’hispanisant Disappearing).

jeudi 2 décembre 2010

// THE GUTTER TWINS - Saturnalia


Sorti le 4 mars 2008 sur Sub Pop

Mark Lanegan et Greg Dulli ont chacun leur style de voix ; l’une assez graveleuse et l’autre plus éclairée. Le mélange des genres est ici intéressant, dans ce Saturnalia qui est justement une réussite de la complémentarité de ces deux voix. 
Une rencontre audacieuse au service d’un rock pêchu teinté de blues, folk et de psychédélisme, qui nous fait voyager au travers des yeux d’un noctambule américain, comme le sont certainement les deux hommes. Le poil se dresse à multiple reprise sur la mélancolie magnifique que procure ce disque. Ca peut envoyer sec (Idle Hands) comme plus fantaisiste (The Body), et les arrangements rajoutées (cordes, claviers,…) ne peuvent qu’embellir l’ambiance mystique des morceaux (The Stations ; God’s Children…). On est même surpris du côté électro un peu à la Radiohead sur Each To Each. Véritable preuve de l’expérience acquise au fil des années et des collaborations pour ces deux gaillards.



jeudi 4 novembre 2010

// BECK - Odelay


 Sorti le 18 juin 1996 sur Geffen

Voilà qui est déconcertant… Pour Derelict ; c’est le souk égyptien…Where It’s At ; j’ai l’impression de voir une salle de casino danser le hip-hop…Ca sniffe un peu de funk sur Devil’s Haircut…Eh pas mal le petit côté Nada Surf sur Ramshsckle…Tandis qu’on attend toujours les Beastie Boys sur High 5 (Rock The castskills) et Novacane…ou pourquoi pas les Pixies sur Minus…

Rock, pop, folk, country, hip-hop, psychédélique, funk, lounge, jazz…Comment fait ce mec pour distiller autant d’univers ? Multi-instrumentiste et seul derrière les manettes de composition, ça doit jouir d’une certaine aisance. N’empêche que chaque morceau reste impeccable sur le fil rouge de la cool attitude qui respire dans ce disque. Odelay est une dose de fraîcheur qui nous donnerait bien la gueule d’un imbécile heureux vu l’énergie positive des chansons.

Le mélange des cultures est ici permis. Beck Hansen est un voyageur, pourquoi reprocher à sa musique de l' être ?!



lundi 11 octobre 2010

// NICK CAVE & THE BAD SEEDS - Abattoir Blues / The Lyre Of Orpheus


Sorti le 20 septembre 2004 sur Mute

Double album de Nick Cave et de ses mauvaises graines. 9 morceaux sur le premier disque : Abattoir Blues et 8 sur le second : The Lyre Of Orpheus. C’est aussi malheureusement le premier opus des Bad Seeds sans Blixa Bargeld. Y’a des duos d’artistes dont la séparation est regrettable tellement la balance créative s’en retrouve ensuite déséquilibrée (prenez Josh Homme-Nick Oliveri en 2004 par exemple), et puis vas-y pour remplacer le berlinois…

Mais ce double-album n’est cependant pas (à mon avis) une catastrophe, loin de là. Il est assez bon même s’il se révèle très propre et commercial. Vous y trouverez aucune violence digne du temps de The Firstborn Is Dead.
Reste donc à l’auditeur de faire son choix, pour le meilleur (nouvelle facette musicale, chœurs féminins façon gospel, belle énergie positive (Get Ready For Love ; There She Goes My Beautiful World…) et douces ballades au lyrisme fouillée sur The Lyre Of Orpheus) ou pour le pire (chansons de cabarets qui frôlent parfois le cliché, manque de prises de risques, nostalgie du penchant ténébreux (apporté par Bargeld ?) et un son trop travaillé et nettoyé).

mercredi 6 octobre 2010

// NOIR DESIR - Veuillez Rendre L'âme (à qui elle appartient)

 Sorti en 1989 sur Barclay

Dans le style rockeurs FM adulé n’importe où, n’importe quand, par n’importe qui ; les USA ont Nirvana, l’Angleterre possède Radiohead, et notre beau pays peut se targuer d’avoir fait exploser à la face du m…de la métropole (nan je suis méchant, ils ont déjà joué en Italie, en Russie ou en Syrie quand même…) Noir Désir.

Noir Dez’ (pour les intimes), ça plait à nos potes nanards, à nos vieux, aux bons gauchistes parigos soixante-huitards, à plein de gens ! Et ca permet de jouer des reprises de rock’n’roll parfois engagée (L’homme Pressé…) en respectant le guide de la bonne conduite. De quoi par chance se produire dans n’importe quel bar et se ramener une gonzesse au pieu après le show si vous avez une gueule aussi mignonne que Bertrand Cantat.

Bref, n’empêche que leur statut n’est pas énorme ici pour rien. En 1989, Veuillez Rendre L’âme (à qui elle appartient) a contribué à cette notoriété, sans non plus atteindre l’impact d’un Tostaky ou pire d’un 666.6667 Club, mais c’était l’ascension vers le succès.
La force des textes n’a toujours pas trouvé d’équivalent aujourd’hui (ce n’est pas Calogero, Téléphone ou Indochine qui peut s’en vanter…), le lyrisme intelligent et imagé de Cantat contient des métaphores ou des figures de style qu’un prof de français ne penserait jamais à montrer (A l’arrière des taxis, Aux sombres héros de l’amer et ses airs marins…), sur une atmosphère si dangereuse et magnifique à la fois (Le fleuve, Sweet Mary, Joey…).
La révolte ténébreuse transpire tout au long de ce disque, un disque intense musicalement ; Denis Barthe, Serge Teyssot-Gay et Frédéric Vidalenc assurent comme ils se doivent mais le son apparaît néanmoins trop lisse et claquant à mon goût. Tous les ingé peuvent repassés derrière ; il n’y a plus rien à nettoyer.

mardi 5 octobre 2010

// PJ Harvey - Uh Huh Her


 Sorti le 1er juin 2004 sur Island

Simples et intimes, les chansons de l’anglaise défilent dans un rock tendu et obscure, en évitant habilement de nous percuter la face. Et ça, c’est un des talents de la mystérieuse Polly Jean, faire passer de la tension en délicatesse.

Mr. Badmouth et Shame sont de belles preuves que la dynamique peut s’allier à la mélancolie, tandis que Who The Fuck ? et The Letter fait un petit tour du côté du Rancho de la Luna. Le passage de la chanteuse au sein des Desert Sessions n’étant pas sans conséquences…

C’est minimaliste mais en même temps riche. Des ballades de greniers (Pocket Knife) parfois très (trop ?) courtes (No Child Of Mine), de l’exotisme sensuel et bouleversant (You Come Through), avec une pointe de fougue (Cat On The Wall), et l’amour au centre du débat, comme il l’a souvent été magnifiquement disséquer dans sa longue et fructueuse discographie.

mercredi 15 septembre 2010

// RADIOHEAD - Hail To The Thief


Sorti le 9 juin 2003 sur Parlophone

On a toujours un peu de méfiance quant à Radiohead : c’est beau, ca gémit, c’est émotionnel, ca donne du style aux jeunes dandys de notre jeunesse dorée, c’est comme écouter du rock tout en restant dans le droit chemin (comprenez que le « Sexe, Drogues & Rock’n’roll » devient chez des fans « Amour, Mode & Pop-Rock »).

Mais arrivé à Hail To The Thief, le groupe n’a encore pas faibli et se situe toujours au-dessus des clichés qu’il engendre.
Pop-rock mélancolique teinté d’arrangements électro parfois trip-hop (Backdrifts ; The Gloaming ; A Punching At A Wedding), le groupe donne dans l’exploration jazzy (We Suck Young Blood), dynamise ses atmosphères avec réussite (2+2=5 ; Where I End And You Begin) comme il sait les rendre intrigantes avec grâce (Sail To The Moon ; I Will). Une incantation et une présence chamanique habite There There, premier single dont la montée en puissance reste intense.

Intérieur de la version vinyle

Thom Yorke et les siens n’ont pas hésité à déployé une instrumentation variée pour ce disque, à l’image de ces synthés ronronnant façon Nine Inch Nails sur Myxomatosis, ou de l’orgue mystique sur A Wolf At The Door qu’on croirait sortie d’une boite à musique d’Halloween.

mardi 16 mars 2010

// BUTTHOLE SURFERS - Independent Worm Saloon


 Sortie le 23 mars 1993 sur Capitol Records

« Les surfeurs du trou du cul », 4 types bien arrachés qui se rencontrent au début des années 80 sur un campus de San Antonio, au Texas, et décident de créée une musique de dégénérés profonds. Les tournées se font dans la pure folie sexe, drogues et rock’n’roll, avec strip-teaseuses et cargaisons d’alcools…Le bon petit acide underground de l’époque !
La première fois que j’ai entendu cet Independent Worm Saloon, j’ai eu l’impression de sentir un trip déluré Monster Magnet - Dead Kennedys faire surface. Je ne sais plus quel alcool irriguait ma cervelle à ce moment là, mais ca me parait être un jugement assez valable.
Le renouveau d’un psychédélisme tranchant étalé sur 17 pistes où les délires punk/rock‘n’roll ( Who Was In My Room Last Night ? ; Dancing Fool ; Dust Devil…) explosent aussi radicalement que les excitations couillus de nos quatre texans ( Alcohol ; Some Dispute Over T-Shirt Sales…). Même les escapades acoustiques ne font rien pour arranger la chose ( The Wooden Song ; The Ballad Of Naked Man ).
Un groupe d’attardés en pleine apogée qui s’était en plus offert pour ce disque la production d’un certain John Paul Jones, plus convaincant ici aux manettes de Independent Worm Saloon qu’aux côtés de Josh le gominé aujourd’hui…
Une pure folie où l’on comprend que laisser cet album dans un hôpital psychiatrique est aussi risqué que de gratter une allumette dans une station service…


La Floche

Genre: rock alternatif, punk psychédélique
A écouter: Who Was In My Room Last Night ? ; Dog Inside Your Body ; Strawberry ; Dancing Fool ; The Annoying Song ; Dust Devil ; Edgar