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mardi 9 juillet 2013

// EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN - Kollaps


Sorti le 5 octobre 1981 sur Zickzack

Les grands débuts des Messieurs bricolage. C'est LA musique industrielle dans son essence même avec des sonorités qui puisent leurs forces dans le BTP et appuient tout un questionnement philosophique sur la relation entre l'homme et la matière, sur l'urbanisme et l'architecture, sur le malaise et/ou la fierté d'être acariâtre envers la société moderne. Le son y est brute, primitif, agressif, déconstruisant toute convention, ritualisant un nihilisme à fleur de peau et rejetant la moindre mélodie qui pourrait adoucir nos pauvres petites oreilles. Choisis donc ce camp lecteur - celui des voix écorchées, des marteaux-piqueurs, des barres à mines et des plaques de fers - et réarme ton fusil.

"La musique, c'est du bruit qui pense" disait Victor Hugo. Si seulement il avait pu écouté ça...

mardi 30 avril 2013

// DEAD - Interview (2013)

 

On sait globalement peu de chose sur DEAD, projet "rescapé" du néant. Juste que la qualité du 1er EP "Transmissions" nous a littéralement sautée au visage, nous donnant l'envie inhérente d'en savoir plus. Officiant dans une musique industrielle chamanique, le trio puise aussi bien du côté des A Place To Bury Stangers que de The Soft Moon, groupe avec lequel ils ont partagés très récemment l'affiche. Après un court échange de mail; Brice et Berne Evol respectivement guitariste et chanteur du groupe, ont gentiment répondus à nos interrogations.

VIOL AUDITIF: Pouvez vous nous expliquer qu'est-ce que DEAD? Le concept, les horizons musicaux de chaque membre... Est-ce un side project, ou êtes vous uniquement impliqué dans DEAD ?

Brice (guitare): C’est assez compliqué. Le projet date de plus de deux ans, comme l’EP d’ailleurs. On l’avait oublié puis on a tout balancé sur Facebook en Novembre dernier. DEAD renaît, on va dire. DEAD c’est donc un projet Noise/Industriel où on mélange un peu tous nos influences étant donné qu’on a des âges complètement différents, ce qui donne un résultat assez hybride, j’aime bien. D’ailleurs, on nous dit souvent que notre son se rapproche assez de Nine Inch Nail ce qui est plutôt drôle car je t’avoue qu’on n’a jamais écouté ce genre de musique, et je t’avoue que je n’assume pas trop ce côté là. C’est sans doute le côté indus de notre son. Pour ma part, je suis plutôt fan de shoegaze, post punk et noise et pour tout te dire j’adore les A Place To Bury Strangers. On peut dire que DEAD est un side project mais pas que. Bernard (Machine) joue aussi dans Maria False & Darcy et j’ai aussi un autre groupe avec le chanteur des Maria False: future.

Berne Evol (chant) : Personnellement je n’ai pas d’autres projets musicaux à côté, ce qui fait que pour moi DEAD n’est pas un side project, mais je comprends ce que Brice veut dire…. DEAD n’a failli pas voir le jour, c’est un projet rescapé en somme ! D’ailleurs side project ou pas il faudra dorénavant compter sur nous car nous ne sommes pas prêts d’arrêter et nous avons une faim de live qui n’égale que son contentement ! En ce qui concerne les influences, il y’en a effectivement beaucoup (nous écoutons tous beaucoup de musique) mais DEAD a un son bien à lui et il serait compliqué de dire que çà ressemble à ci ou ca….En ce qui me concerne j’arrive des 90’s, j’ai été bercé par Sonic Youth, PJ Harvey, Dinosaur jr, Pavement ….

Vous avez sorti en novembre votre 1er EP "Transmissions", peut on voir là un clin d'oeil à Joy Division? Plus loin, quels sont les "entités" qui vous inspire (Groupes musicaux, livres, film...)?

Brice : Pas du tout. On aimait juste la sonorité de ce mot. Et puis, l’EP en soit transmet quelque chose de nouveau en terme de son et d’esthétisme. Après on aime ou on aime pas.

Berne Evol : Dans les références littéraires il y’a William Burroughs qui pour ma part à pas mal marqué mon univers artistique…. Il y’a des bouquins comme « The Naked Lunch » ou « Junkie » desquels on se remet pas. Niveau cinéma j’aime beaucoup Lynch mais c’est quelque chose qu’on a pas le droit de dire aujourd’hui….Ca fait trop surfait ! (rires)

J'ai vu que vous aviez partager l'affiche avec l'excellent groupe THE SOFT MOON. On peut voir des similitudes avec DEAD: le caractère hypnotique de votre boite à rythme et des machines, donnent un aspect assez tribal à votre musique . Est-ce une façon d'amener l'auditeur vers une forme de trans?

Brice : Ce concert en première partie des Soft Moon était plus qu’inattendu. Quand on a commencé à jouer avec Berne, on a tout de suite accroché avec leur premier album sorti en 2010. Donc autant te dire que pour un premier concert c’était vraiment bien. C’est vrai que DEAD est assez hypnotique, voir limite dansant...

Berne Evol :
Effectivement nous sommes très contents d’avoir été remarqué pour cette première partie !

Comment se passe le processus de composition? La musique électronique vous permet t-elle de composer à distance? Ou êtes-vous au contraire restés sur un mode très traditionnel: c'est à dire  les trois séquestrés dans une salle de répète?

Brice : En ce qui concerne le processus de composition, chacun amène sa touche perso. Vu qu’on est séparé géographiquement on compose tout à distance, mais c’était aussi le cas donc ça ne change pas grand chose. Généralement, je compose quelques idées que j’envoie à Berne et Bernard. De son côté Berne bosse ses paroles et Bernard, revisite le son en y ajoutant des machines, en re-bossant le son et en restructurant un peu.

Vous avez élaboré un clip vidéo pour la chanson No Place For Us. La symbolique du rouge m'a particulièrement interpellé, que représente t-elle exactement? Son utilisation me fait penser à celle de Frank Miller dans Sin City...

Berne Evol : Le clip « No place for us» parle de domination Alpha Omega, de sexe, de frustration, d’amours gâchés, de convoitises, de tromperies , d’attentes et de deception…. Bref tout un blah blah qui tourne autour de l'insatisfaction en somme. Le rouge étant la couleur de la passion, de la violence et de l’amour, il était essentiel de l’incruster dans l’univers sombre de ce clip...

Dernière question, quels sont vos projet pour le futur? Album ? Tournée?

Brice : Prochainement on va jouer aux "Bars in Rennes" le 30 Mai prochain au Bar Hic’ avec Maria False. On a aussi une date de prévue en Juin à Glasgow pour le Glasgow Psych Fest et en Juillet on part jouer dans un festival à Vilnius en Lituanie. Donc pas mal de voyages mais c’est cool on aime ça. On bosse aussi sur le deuxième EP qui devrait sortir à la rentrée Septembre ou un peu après.

Merci à vous d'avoir pris le temps de répondre à nos questions, on vous souhaite une bonne continuation pour la suite...

Pour découvrir le groupe, le 1er EP "Transmissions" est en écoute intégrale sur leur bandcamp: http://dead-band.bandcamp.com/. Vous pouvez également contacter le groupe pour télécharger gratuitement l'EP à l'adresse deadband.press@gmail.com. Enjoy !



GG Allin

mardi 5 mars 2013

// VUNENY - Whatever Singularity


Sorti le 9 mars 2009 sur Jarring Effects

Sous les stigmates politico-religieuses d'après-guerre, Sarajevo aiguise son potentiel musical là où on ne l'attend pas. Le duo Vuneny trouve désormais sa place dans la musique électronique européenne en taillant un portrait efficace du genre. Rythmiques saturées, craquements dubstep effrénés, ambiances belliqueuses (How We Are Connected ; Fate of Outer Planets) ou hostiles (Define Violence II ; Loving Calm Of Your Arms ; Hold That Thought), cet album puise une recherche fondamentale dans les musiques de films contemporains et le triturage des machines laisse parfois une place bienvenue aux enrichissements guitare/piano. Troisième disque qui affirme l'identité du duo, Whatever Singularity est une œuvre superbe, sincère et appliquée.          -La Floche-


vendredi 22 février 2013

// GODFLESH - Streetcleaner

  
Sorti le 13 novembre 1989 sur Earache

Monolithe industriel froid, brutal et déshumanisant. Streetcleaner est aussi horrible qu'un abattoir fournissant du McDonald's, qu'un chiot trainé derrière une voiture, une lapidation sur une place publique ou des préliminaires avec Mireille Mathieu. "Like Rats" ; "Christbait Rising" ; "Head Dirt" ; "Tiny Tears"... Ce disque va encore plus loin que de représenter le style metal/indus; il le salit à tout va, le souille d'une violence en putréfaction avec ses riffs lobotomisants, ses larsens nauséeux et ses séquences martiales. Broadrick éructe son timbre guttural tel un chef rassemblant ses guerriers pour le sacrifice, celui d'une musique mise rudement à l'épreuve. Gore, et génial !


mercredi 20 février 2013

// JESU - Silver E.P.


Sorti le 11 avril 2006 sur Hydra Head


Justin Broadrick ne croyait pas si bien dire en affirmant que Jesu constituait la réponse féminine à Godflesh. Sur le fond, le lien est évident avec ces séquences rythmiques programmées pour labourer une lourdeur metal/indus percutante. La forme, quant à elle, se démarque pour son ambiance éthérée, au chant clair et mélodique, avec ces envolées shoegaze tout droit sorties du style Ride ou My Bloody Valentine (influences que personne n’objectera). Cet EP Silver constitue la meilleure approche du nouveau projet Broadrick, d’abord déconcertant, ensuite attachant. Ne cherchons pas la hargne dans cette œuvre aérienne emplie de quiétude et d’héroïsme.

mercredi 30 janvier 2013

// MINISTRY - The Last Sucker


Sorti le 18 septembre 2007 sur 13th Planet

Dernière partie de la trilogie anti-Bush (avec Houses Of The Molé / Rio Grande Blood) et inspiration en berne. Eh ouais, la nouvelle identité trash-metal insufflé par Jourgensen à sa mouture pendant les deux mandats du républicain-abruti-Texan (2000-2008) commence à sentir le réchauffé. Techniquement c'est très bon avec des riffs bien en place, des cavalcades punk en rafales, des samples de discours décrédibilisant le vieux Georges et son administration, ainsi qu'une voix bien braillarde, mais n'est-ce pas déjà tout ce qui faisait la réussite des deux précédents ?! Alors certes le combat est beau, le message de rejet est compris et des salves vraiment efficaces parsèment le disque (Let's Go ; Watch Yourself ; The Last Sucker ; Death & Destruction), cependant faudra bientôt penser à changer ou dé-housser le fauteuil les gars !


mardi 22 janvier 2013

// FRONT LINE ASSEMBLY - Total Terror Part I

  
Sorti en 1993 sur Cleopatra

Après une multitude de bootlegs et de chansons qui circulaient sous le manteau par-ci par-là, il a bien fallu compiler les vieux morceaux des années 80. D'où ce premier chapitre de la série Total Terror avec des pépites synth-pop électroniques datant de 1986, dans l'approche stylistique des copains d'aiguille Skinny Puppy, My Life With The Thrill Kill Kult ou Ministry. Véritable retour sur les prémisses d'une transe sensorielle goth-indus qui paralysa toute une génération de c(r)amés.


lundi 21 janvier 2013

// NINE INCH NAILS - The Fragile


Sorti le 21 septembre 1999 sur Nothing


Adoubé en nouveau prince de la musique Industrielle après le succès du Downward Spiral, l’âme torturé de Trent Reznor peaufine 3 ans plus tard le double-album The Fragile dans son studio de la Nouvelle-Orléans (une ancienne morgue brrrr). Plus propre et commercial, c’est la première production de Nine Inch Nails à s’affirmer aux oreilles du grand public et certains tubes ne s’y trompent guère (Starfuckers.Inc ; The Day The World Went Away ; Into The Void ; Where Is Everybody ?...). Que les plus énervés se rassurent, la verve agressive est loin d’être jeter aux oubliettes (rage en crescendo de Somewhat Damaged ; No, You Don’t…) mais là où intervient essentiellement la surprise, c’est avec les perles instrumentales The Frail ; Just Like You Imagined ; Pilgrimage ; La Mer ; The Mark Has Been Made ; Complications et Ripe (with Decay) qui s’aventurent au-delà des frontières instaurées antérieurement. Moins de machines et de guitares saturées au profit d'instruments à cordes (pianos, violons...)  qui sont développés avec maîtrise, la richesse créative est au chevet des tourments narcissiques du frontman et y délivre un résultat salvateur . 


jeudi 17 janvier 2013

// EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN - Strategies Against Architecture IV


Sorti le 7 décembre 2010 sur Mute

Quatrième partie de la série Strategies Against Architecture, sorte de compilation de faces B, de raretés et de lives collectées entre 2002 et 2010 principalement autour des albums Perpetuum Mobile (2004), l'interactif Grundstück (2005) et Alles Wieder Offen (2007). Nos sidérurgistes berlinois restent dans leur fière démarche dadaïste de conceptualisation du bruit, de racolages avant-gardistes en tout genre, et de versions retravaillées en totale abnégation de ses intérêts dans les diktats punks et indus... Un double CD complet, consciencieux et fortement recommandable puisque pour une fois, un objet de cette envergure ne présente pas des brouillons et fonds de tiroirs pourris comme certains groupes s'entichent de le faire.

...life on other planets is difficult...


mercredi 16 janvier 2013

// KARMA PROJECT - s/t album


Auto-produit et sorti en 2011

D'un côté on perçoit les claviers programmés et les machines, de l'autre une guitare pour insuffler la résonance rock. Le duo lorrain conçoit ici une instrumentation aboutie entre électro-rock, trip-hop et sonorités indus, dont l'atmosphère planante ne se laisse pas piétiner par un manque d'énergie, car c'est bien là tout le pouvoir de Karma Project ; stimuler notre oreille tout en provoquant le zen. Ca frôle l'expérimentation (Project Echo), les horizons désertiques (The Sky), la bande-son de film d'action (Bring Me To ; The Climax) ou la beauté évasive (The Darkness ; In The Night) avec une maîtrise de poids, marquant un univers particulièrement prenant et singulier.


vendredi 11 janvier 2013

// BIG BLACK - The Hammer Party

  
Sorti en 1986 sur Homestead

Cette fête du marteau est la compilation culte des 3 albums Lungs, Bulldozer et Racer X, à ranger aux côtés de Songs About Fucking pour avoir l'essentiel de Big Black dans sa discographie. On est dans les années 80, période pré-Shellac révoltée pour Steve Albini où le binoclard solitaire s'entoure de deux autres gueules louches pour une musique sournoisement givrée et avant-gardiste. Grésillement urbain assumé, relents de nausées industriels et oreilles qui bourdonnent punk, les textes sont malsains ainsi que la production volontairement brute. Ca bastonne au tempo rapide (Texas ; Cable ; The Ugly American...), au hip-hop minimaliste (Steelworker ; Dead Billy) ou au post-punk mortifère (RIP ; I Can Be Killed...) sans jamais perdre la vision dérangeante d'une musique viscérale extirpée du ventre.


mardi 1 mars 2011

// MINISTRY - Just one live !

Pour patienter avant la sortie du docu "FIX" consacré au dégénéré qu'est Al Jourgensen (le frontman junkie de Ministry); voici quelques vidéos qu'on a soigneusement sélectionnés pour vous:


Recadrage des choses et assaut contre W.BUSH; mais ça on vous laisse le découvrir à la fin de la vidéo.


Petite interview intéressante réalisé en 2004 par Olivier Drago; le manitou du magazine Noise...

PSALM 69, extrait du géant "Sphinctour" de 96.

Un classique.

Stigmata, toujours extrait du Sphinctour. Quelque chose me dit qu'on aurait vraiment eu envie d'y être.

Monsieur J et Floche

mercredi 1 décembre 2010

// SKINNY PUPPY - Rabies


 Sorti le 21 novembre 1989 sur Nettwerk

Une sacrée prise de drogue. L’horreur et la souffrance claustrophobe fidèle au Puppy antérieur se retrouve injecté d’un groove cogneur et de guitares agressives bien dosées (Rodent ; Hexonxonx…(merci Jourgensen)). Le disque nous sort des pires bijoux dont l’un des plus beaux jamais écrit par le groupe : Worlock, où les nappes de synthés, le chant torturé et les samples de Charles Manson nous plongent en pleine folie du désespoir. Les diatribes extrémistes écrasant la « mauvaise idée de penser librement » en prennent pour leur gueule (Fascist Jock Itch ; Tin Omen…), donnant une allure plus engagée au groupe que par le passé, et une assurance plus mature. Rain et surtout Choralone joue l’atmosphère inquiétante surréaliste, où l’on croirait voir un monstre cybernétique errer dans les ravages d’une guerre de religion au XVIème siècle. Unique.

1989 année 0 de l’indus ? Du moins une période propice à des putains de crûs du circuit : The Mind Is A Terrible Thing To Taste de Ministry, Pretty Hate Machine de NIN, Haus Der Lüge d’Einstürzende Neubauten, Streetcleaner de Godflesh ou  Rabies de Skinny Puppy…

dimanche 24 octobre 2010

// SKINNY PUPPY - Last Rights


Sorti le 30 juin 1992 sur Nettwerk

Plus lourd, plus écrasant, Last Rights n’en reste pas moins magnifique. C’est la symphonie cruelle d’un labyrinthe moyenâgeux en pleine désintégration industrielle. Le groupe explose tout ce qu’il a su produire depuis ses débuts car il faut en effet dépiauter dans ce magma toxique les débris new-wave époque Remission, de l’art gothique mêlé à la cybernétique façon Cleanse, Fold And Manipulate, ou des attaques dark-électro virales du Rabies,… brouillés aux samples viciés, aux expérimentations hallucinatoires, et à quelques mélodies cathartiques aussi dissimulées que des aliments dans une déjection buccale.

Love In Vein, Killing Game (aussi poignant qu’un Worlock) et Inquisition (avec ses gimmicks dance-floor) restent les morceaux les plus accessibles, et habituellement joués en concert. Mais la majorité du disque est acquise à la cause d’une exploration schizophrénique en apnée où les Canadiens se lâchent dans des délires tout azimuts. Véritable bande-son oppressante d’un écosystème  ravagé par des retombées radioactives. La fin d’une civilisation meurtrie par ces lambeaux d’indus en décrépitude (Voire pochette).
Skinny Puppy recrache avec Last Rights la bouillie nocive d’une dizaine d’années au service de la musique électro-industrielle. L’œuvre favorite de cEvin Key dans leur discographie.



lundi 18 octobre 2010

// EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN - Halber Mensch


 Sorti en 1985 sur Some Bizzare

L’usine désaffectée et le cabaret horrifique en plein choc frontal. L’usine pour les « instruments » (perceuses, marteau-piqueurs, plaques de fer,…) et le cabaret pour le lyrisme saignant d’un Bargeld traumatisé par le mouvement Dada et ses vices nocturnes.

Halber Mensch reste l’une des meilleures dissections sonores du groupe. Il vous flanque la tête entre le marteau et l’enclume et cogne sa musique noire, maltraitée, torturée, avec une débauche d’énergie bruitiste en déconfiture. Le martèlement des rythmes entêtants, des effets glauques, et de la voix agressive, est poussé à son paroxysme mais évite toujours l’explosion qui serait évidente, d’où la tension omniprésente du début à la fin. Chorale rituelle morbide en canon (Halber Mensch), tempos funèbres (Trinklied ; Seele Brennt) ou déluges sidérurgiques (Der Tod Ist Ein Dandy ; Das Schaben), Einstürzende Neubauten nous fait revisiter son Cabaret Voltaire métallurgique grinçant, totalement dérangeant mais carrément jouissif.



Sorti en 1986, le film Halber Mensch, réalisé avec le dégénéré Sogo Ishii, montre le groupe au Japon exécutant leurs morceaux dans un bâtiment industriel. (Ci-dessus, ZNS avec des danseurs Butô.)

dimanche 17 octobre 2010

// NINE INCH NAILS - Ghosts I-IV


 Sorti en 2008 sur aucun label

Moins violente, la période 2005-2008 (With Teeth – Year Zero – The Slip) abandonne pratiquement les agressions métal-indus antécédentes, pour un visage plus conventionnel et ouvert au grand public (pertes de rage, tubes électro-pop, absence de drogues…). Certains « die-hard fans » commencent alors à taxer Reznor de vendu et voient sa musique jetée en pâture au business mainstream. Une déception qui sera atténuée dès la sortie, via internet (http://ghosts.nin.com/main/order_options) de Ghosts I-IV en 2008, album surprenant de 36 morceaux instrumentaux, divisés en 4 EP de 9 titres où Reznor n’a pas abandonné ses désirs d’expérimentations. 
Ce n’est pas non plus un retour aux sources (quasi impossible pour un groupe de 20 piges, soyons lucides) mais le travail est ici audacieux.

Composé et enregistré avec les fidèles Atticus Ross et Alan Moulder, ainsi que quelques autres briscars de passage (Alessandro Cortini, Brian Viglione, Adrian Belew…), Ghosts I-IV offre un voyage assez atypique dans un monde à l’atmosphère froide et intrigante: Ballades de piano lentes et mélancoliques (1 Ghosts ; 13 Ghosts ; 36 Ghosts…), bruitisme trituré (4 Ghosts ; 23 Ghosts ; 31 Ghosts…), électro urbain (7 Ghosts ; 11 Ghosts ; 24 Ghosts…), avec une variété de percussions (marimba, glockenspiel,… sur 6 Ghosts ; 17 Ghosts ; 21 Ghosts…) comme de cordes (harmonium, contrebasse, cithares…sur 28 Ghosts ; 34 Ghosts…)…Chaque titre invente son propre paysage dans ce climat fantomatique et mystérieux.

Cet opus peut être difficile dès la première écoute et il faut rentrer petit à petit dedans afin d’en comprendre les règles. Ghosts I-IV n’est pas un album « normal » dans la discographie de Nine Inch Nails mais cette unicité est gage de qualité.



Afin de garantir l’interaction entre les fans et le groupe, Reznor s’est associé avec YouTube pour mettre en place le "NIN Ghosts YouTube Film Festival". Le but étant de proposer aux fans de créer eux-mêmes les vidéos des morceaux de Ghosts I-IV, en voici 2 exemples.



vendredi 8 octobre 2010

// NINE INCH NAILS - Year Zero


Sorti le 16 avril 2007 sur Interscope

Durant la tournée qui suivi With Teeth, Trent Reznor s’est amusé à laisser des clés USB dans les chiottes de plusieurs salles de concerts. A l’intérieur de celles-ci se trouvaient des chansons alors inconnues de NIN, ainsi que des indices flous attisant la curiosité des fans (image d’un panneau Hollywood démoli, spectrogrammes étranges, grésillements…).
 Le thème sera délivré quelques mois plus tard avec la mise en circulation sur le net de Year Zero, album concept que Reznor décrit comme « la partie d’une chose bien plus grosse sur laquelle je travaille »… Des rumeurs défilaient alors sur un éventuel album de remix Year Zero, un jeu vidéo Year Zero, un film Year Zero, la B.O. du film Year Zero, une voiture Year Zero, des capotes Year Zero, du cassoulet Year Zero,…Bref, votre vie refaite en Year Zero mais 3 ans plus tard, on a eu que l’album de remix : Year Zero Remixed (connu aussi sous le nom de Y34RZ3R0R3M1X3D pour les plus téméraires).

Spectrogramme issue d'une clef 
                   USB trouvée à Lisbonne.                

C’est donc un disque concept autour de la fin du monde, du chaos urbain et du contrôle totalitaire à venir (encore Georges Orwell en influence… ?).
Hyperpower! donne le ton avec son rythme martial joué par Josh Freese et son embrasement d’électro agressif mêlé aux cris d’horreurs. Le hit de stade se fait bien ressentir sur The Beginning Of The End et Survivalism dégaine la règle du bon vieux tube industriel déjà servi sur With Teeth.
La suite de l’opus sonne plus apaisé et expérimental où les beats électro sont envoyés en rafales. Reznor façonne ici un surprenant côté hip-hop, que l’on connaissait antérieurement disséminé au travers des singles Only ou Into The Void. Mais il semblerait que la récente implication du bonhomme au sein des albums de Saul Williams (qui participe d’ailleurs sur 2 titres de Year Zero : Survivalism et Me, I’m Not) soit devenue fortement influente dans son travail. Une remarque évidente quant au flow dégagé sur Capital G et l’auto-parodique God Given.